Alexis Clairaut (1713-1765)

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Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765)


16 septembre 1728 : Société des arts :
Une liste des membres de la Société des arts (cf. Sans date (20)) est conservée au Nationalmuseum de Stockholm sous la cote CC 3459 (Michel Gallet, CP, 19 septembre 2007).

Elle a été rédigée à l’occasion de la réception de Carl Johan Cronstedt comme associé étranger le 6 février 1735, et donnée au musée par le baron Langenskiöld en 1942 (Strandberg 62).

Ce document est très précieux puisqu’il mentionne le nom du membre, son métier, son adresse, la date de sa réception et sa classe au sens du Règlement de la Société des arts, Paris, 1730 (associé honoraire – régnicole ou étranger –, assidu, libre, étranger ou répondant).

La liste reflète l’état de la Société en 1735 et ne mentionne pas les membres décédés (Sully, Clairaut le cadet, le comte de Morville...) ou ceux qui ne sont pas encore reçus (Bottée...).

Ce document, joint aux registres (cf. 1 mai 1729 plus bas) et à toutes les traces qui ont pu être retrouvées, permet de dresser une chronologie détaillée de la Société :
  • 1728 : Sont reçus associés assidus :

    Clairault pere geometre, reu [rayé des boucheries chez Mr. Bolduc [remplacé par :] St Pere
    [Rayé :] Clairault fils geotre. Idem chez Mr. Boleduc
    Liebeaux geographe, au coin de la place St Michel
    Le Roy l’ainé horlogeur, reu du harlay pres le palay
    Le Roy cadet horloger, place Dauphine (NMS, Ms CC 3459).

  • 16 septembre 1728 : Est reçu associé libre :

    L’abée de Romieu phisicien, l’hotelle Luxembourg rue St. Marc (NMS, Ms CC 3459).

  • 16 septembre 1728 : Sont reçus associés étrangers :

    Bellidor ingenieur, a Ferre en Tertenois
    L’abbé Marci physi., a Naples
    Parsecknecht mede.
    L’abbée Martigni géo., a Florence
    Michel Ange Slodtz sculteur, a Rome (NMS, Ms CC 3459).

  • 29 septembre 1728 : Est reçu associé assidu :

    Le Maire ingenieur en instruments de matematiques, au Genie quay de l’orloge (NMS, Ms CC 3459).

  • 3 octobre 1728 : Est reçu associé assidu :

    Grandjean astronõ, reu des poste[s] a lestrapade (NMS, Ms CC 3459).

  • 10 octobre 1728 : Est reçu associé libre :

    [Rayé :] Jousse astronome (NMS, Ms CC 3459).

  • 17 octobre 1728 : Est reçu associé assidu :

    L’abée de Gua geomet[r]e (NMS, Ms CC 3459).

  • 24 octobre 1728 : Est reçu associé répondant :

    Petit charpantier (NMS, Ms CC 3459).

  • 31 octobre 1728 : Sont reçus associés assidus :

    Germain orphevre cizeleur, au[x] gallerie[s] du Louvres
    Devigni archit, reu de Clery
    Duvivier grav. en medaille, au[x] galleries du Louvres (NMS, Ms CC 3459).

  • 31 [octobre] 1728 : Est reçu associé libre :

    Renard du Tasta chimiste, a l’hotel de la moynoie (NMS, Ms CC 3459).

  • [c. novembre] 1728 : Grandjean lit un « Discours preliminaire sur l'etude de l'astronomie » (AAS, dossier Fouchy).

    Un manuscrit se trouve dans le dossier Fouchy aux archives de l'Académie des sciences. Il est daté grâce à ce passage « D'ailleurs ils ont été si bien etablis dans la sçavante lettre de Mr. Gregory qu'un de nos associez dont nous regrettons la perte lû à la compagnie il y a quinze jours ».

  • 8 novembre 1728 : Liébaux écrit à l’abbé Bignon.

  • 3 décembre 1728 : Sont reçus associés libres :

    Du To[t] mecani[cien], rëu croix des petits champs
    L’abbé Penetti mecha[nicien], reu de l’Université (NMS, Ms CC 3459).

    Duto[t] est très certainement Nicolas Dutot (1684-1741). Cet économiste, connu pour ses Réflexions politiques sur les finances et le commerce (1738), habite en effet depuis 1725 rue Croix des Petits Champs. De plus, le catalogue de sa bibliothèque, dressé à sa mort, mentionne un « Règlement de la Société des arts, 1730 ». Enfin, au 3e étage de son appartement, il avait installé un laboratoire dont les instruments furent évalués dans l'inventaire après décès par Jacques Lemaire, un des membres de la société. Il possédait aussi une horloge faite par Dutertre, autre membre. Le prénom de Dutot est bien Nicolas, acte de baptême faisant foi, et non Charles, comme le veut une tradition bibliographique erronée (François Velde, CP, 29 et 30 avril 2008).

  • 7 décembre 1728 : La Société des arts remercie le comte de Clermont pour sa protection.

  • 19 décembre 1728 : Sont reçus associés libres :

    Auvray geometre, reu piere au lard St. Mery
    Gourdon geometre, a l’hotel Soubise
    De Perne hidrographe reu et vis a vis l’hotel de Condé (NMS, Ms CC 3459).

  • 26 décembre 1728 : Est reçu associé libre :

    L’abbé Nollet mecha[nicien], reu du mouton (NMS, Ms CC 3459).

  • 2 janvier 1729 : Sont reçus associés libres :

    Chevotet architecte, rue du Boulloy
    Medallon mechan. reu de chez Mr. Mo[ ?] (NMS, Ms CC 3459).

  • 6 janvier 1729 : Est reçu associé libre :

    Gaudron hologeur, place dauphine (NMS, Ms CC 3459).

  • 17 janvier 1729 : Angélique Delisle écrit à son frère.

  • 1 mai 1729 :

    Du premier mai 1729.

    Monsieur Clairaut le cadet a lu un memoire sur une nouvèle maniere de tro[u]ver les points de la parabole, par deux [méthodes] diferentes (SB, Ms J 1750).

    Une partie des procès-verbaux de la Société des arts est conservée à la Staatsbibliothek à Berlin sous la cote J 1750.

    Elle a été léguée par M. Ludwig Darmstaedter avec le reste de sa collection, constituée avant 1909 auprès de libraires spécialisés (Eva Ziesche, CP, 31 mars 1998).

    C’est un document, visiblement incomplet, de sept feuillets formant quatorze pages. Le dernier feuillet est vierge et volant, les six premiers sont numérotés au verso de 5 à 10 et reliés. La reliure semble d'époque, mais la pagination postérieure (Malaurie Condamine, CP, 9 novembre 1998).

    Ces registres sont presque entièrement rédigés par Liébaux, géographe et secrétaire de la Société des arts.

    À la mi-janvier 1730, Liébaux est remplacé par Hynault, avocat en parlement.

  • 8 mai 1729 :

    Du 8 mai 1729.

    Après la lecture du projet de reglemens presenté a la compagnie par Messieurs les commissaires, il a été deliberé que deux copies des dits reglemens seroient aportées dans huitaine et laissées sur le bureau pour y pouvoir être lues par tous ceux des membres de la Societé qui voudront y faire les reflexions qu'ils jugeront convenables, lesquels reflexions ils metront par ecrit en cotant les articles sur lesquels ils les auront faites et que huit jours après ils les apporteront a l'assemblée, ou elles seront lues et discutées a la pluralité des voix.

    De plus il a eté deliberé que la Société changera de logement au premier juillet prochain s'il est possible et que Messieurs Renard, Le Roi, [Chevautés], du Tot [Dutot], de Romieu et Liébaux prendroient le soin de chercher des lieux comodes et decens pour la loger, et d'en informer la compagnie.

    [Signé] J. Leroy, Clairaut, Liébaux, [Du Tot], Grandjean, Le Maire, Romieu, Renard du Tosta, P. Gaudron, Dégua, Clairaut le fils, [Defeuttage ?]
    Suite des noms prec[é]dent
    Chevotet, Chique, Duplessis, Barrier, Petit, [Derosier ?], D Medalon, Puisieux (SB, Ms J 1750).

  • 15 mai 1729 :

    Du 15 mai 1729.

    La compagnie a jugé a propos de proroger de huit jours le terme marqué par la deliberation precedente pour faciliter à tous les membres de la Société l'examen du projet de reglemens proposé par les commissaires qu'elle a choisi a cet efet. Et a deliberé de plus qu'apres l'expiration de ce terme elle procedera incessemment a fixer ses reglemens sans avoir egard aux difficultés de ceux de ses membres qui n'auroient pas doné leur avis dans les temps qu'elle a indiqué.

    [Signé] Leroy, Liébaux, Auvray, Gourdon, Du Vivier, Germain, Barrier (SB, Ms J 1750).

  • 19 juin 1729 :

    Du 19 juin 1729

    Mrde Grandjean a continué le memoire qu'il avoit commencé le 22 may. sur la cause physique des vents et a proposé ce probleme [:] Trouver une machine par laquelle on puisse estimer la force et la direction du vent (SB, Ms J 1750).

    Le compte-rendu de cette séance n'est pas de la main de Liébaux.

  • 10 juillet 1729 :

    Du 10 juillet

    Monsieur Granjean a continué la lecture du memoire sur la cause phisique des vents (SB, Ms J 1750).

  • 17 juillet 1729 :

    Du 17 juillet

    La compagnie aïant deliberé que le tresorier raporteroit les regîtres pour verifier ses recetes et ses depenses, la verification faite et le regître chargé de l'areté de comte signé du directeur, du secretaire et de l'administrateur, la Société s'est trouvé redevable de 92#. 9[s]. 6[d] sur quoi la Societé a aussi deliberé qu'en se reglant sur la plus forte contribution qui est de 20#. pour chaque assidu et de 90 #. pour chaque libre il sera ecrit une lettre circulaire pour avertir ceux qui n'ont fourni qu'une partie ou rien de leur contribution d'avoir la bonté d'y satisfaire dans quinzaine après quoi on regardera leur silence comme une marque qu'ils se seront retirés de la Societé.

    [Signé] J Leroy, Liébaux, Clairaut, [Dutot], Romieux, Le Maire, Petit, Puisieux, Grandjean, Degua, P. Gaudron, [Medalon] (SB, Ms J 1750).

  • 18 juillet 1729 : Mémoire sur la différence des machines fixes et en mouvement (Monteil 35).

  • 7 août 1729 :

    Du 7 août 1729.

    Monsieur Julien de Mugneret est venu presenter a la Societé un memoire de geometrie sous une enveloppe cachetée disant que Son Altesse Serenissime Monseigneur le comte de Clermont l'avoit envoyé a la compagnie pour que ledit memoire y fut examiné sur quoi la Societé a nomé pour commissaires Messieurs Clairaut pere et fils Monsieur Auvray et Monsieur l'abé Deguat afin que sur leur raport il soit rendu compte a S.A.S. du merite de l'ouvrage en question. [Signé] Liébaux, J Leroy (SB, Ms J 1750).

  • 14 août 1729 :

    Du 14 août 1729.

    Monsieur Clairaut le cadet a lu a la compagnie une proposition nouvèle de geometrie elementaire qui a paru nouvelle et ingenieuse.

    [Signé] Liébaux, J Leroy (SB, Ms J 1750).

  • 21 août 1729 :

    Du 21 août 1729.

    Monsieur Grandjean a lu le detail de l'observation de l'eclipse de Lune du 10 août 1729 et a laissé ce detail par ecrit. [Le] sieur Clairaut a lu des reflexions sur une pretendue quadrature du cercle examinée dans la Societé par l'ordre de S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont. [Signé] Liébaux, J Leroy (SB, Ms J 1750).

  • 28 août 1729 :

    Du 28 août 1729

    Monsieur le curé de St. Sulpice a fait raport a la compagnie qui etoit aujourd'hui en tres petit nombre que S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont, protecteur de la Société, lui a fait l'honeur de le deputer a ces Messieurs assemblés pour leur dire que S. A. S. a eu la bonté de dresser elle même des Reglemens pour la Societé des arts, contenus en trente un articles fort courts et tres precis. Monsieur le curé de St. Sulpice a en même temps rendu compte a l'assemblée des bontés particulières de S. A. S. pour toute la Societé, et de la protection eclatante qu'elle vouloit bien lui doner, tant en se trouvant le plus souvant qu'il seroit possible aux assemblées, qu'en procurant a la Societé tous les avantages, qu'elle pouroit en attendre. Lecture a été faite des dits reglemens, après laquele il a eté deliberé et resolu de faire a S. A. S. de tres humbles remercimens des soins qu'elle vouloit bien prendre de la Societé, et en particulier de lui doner des loix et des reglemens ou la precision, la sagesse, et la prudence regnent egalement. Elle a en même tems chargé Monsieur le curé de St. Sulpice d'avoir l'honeur de l'en remercier tres humblement en atendant que la Societé le puisse faire d'une maniere plus solennele et pour cela il a été deliberé et resolu qu'il [serait] ecrit une letre circulaire a tous les associés pour former une assemblée complete de la Societé, ou la lecture des mêmes reglemens sera repetée afin que tous les [membres] en aient connoissance et que la reception puisse en être faite d'une maniere authentique. Il a encore été resolu que si quelqu'un jugeoit a propos de faire quelques observations sur les reglemens donés par S.A.S. il les proposera a la premiere assemblée afin qu'a la pluralité des voix, il soit jugé de la necessité de l'utilité des dites observations pour après demander a S. A. S. la permission de les lui presenter.

    [Signé] Languet de Gergy, Grandjean, Clairaut, Liebaux, Duplessis fils (SB, Ms J 1750).

  • 16 octobre 1729 :

    Du dimanche 16 octobre

    Monsieur le curé de St. Sulpice est venu a la salle de la Societé des arts où la compagnie etoit extraordinairement assemblée et a dit que S. A. S. M. le comte de Clermont l'aïant chargé d'aporter a la Societé les reglemens qu'elle a composés, il venoit s'aquiter des ordres de S.A.S. Il a d'abord eté répondu tout d'une voix que la compagnie etoit si penetrée des bontés de M. le comte de Clermont et si convaincue de la sagesse des loix qui lui étoient envoyées qu'on en aloit signer l'acceptation même avant la lecture, pour mieux marquer son respect et sa soumission, ce qui n'a pas été jugé necessaire par M. le curé de St. Sulpice qui s'est chargé de rendre comte a S. A. S. les sentimens de la compagnie. Lecture des dits reglemens a eté faite par [le secr]etaire après laquele il a eté deliberé que la Societé des arts feroit suplier M. le comte de Clermont de lui permetre d'aler en corps le remercier tres humblement des peines qu'il a bien voulu prendre pour elle, et de lui marquer le jour de sa commodité. Apres quoi l'acceptation de la compagnie a été ecrite a la fin desdits reglemens apres laquele tous les membres presens de la Societé ont signés.

    [Signé] Liebaux, secretaire de la Société, J Leroy (SB, Ms J 1750).

  • 20 octobre 1729 :

    Du jeudi 20 [octo]br[e] 1729.

    La Societé assemblée a deliberé que M. Liébaux secretaire seroit prié d'aporter a la seance prochaine la liste des membres qui sont actuélement de la Societé pour [procéder] aux arangemens les plus convenables.

    [Signé] Liébaux, secretaire J Leroy (SB, Ms J 1750).

  • 23 octobre 1729 :

    Du dimanche 23 octobre 1729

    Monsieur le curé de St. Sulpice aïant envoyé un quart de cercle en present a la Societé des arts, par Monsieur Le Maire l'un des membres de ladite Societé. Il a eté deliberé qu'il seroit remercié au nom de la Societé par quelques uns de ses membres qui seroient només à cet efet et que sur ce quart de cercle, la compagnie feroit graver l'inscription suivante : Le 23 octobre 1729 la Societé des arts a reçu en present ce quart de cercle de Mr. Languet de Gergy curé de St. Sulpice, l'un de ses honora[ires.] Il a aussi eté resolu qu'en interpretation de l'article du règlement les memoires qui ne concerneront que les sciences ne seront lus dans les assemblées de la Société qu'en extraits et que copie des memoires sera laissée au secretaire a cause des raports aux arts qu'on y pourroit decouvrir dans la suite, [Rayé : mais qui ne seront point imprimés dans les registres de la Societé.] Cette seconde deliberation a ete faite sur ce que M. l'abé Degua a demandé a la compagnie de quele maniere il devoit se comporter a l'egard d'un memoire de sa composition qu'il croyoit de sciences et dont cependant il auroit souhaité faire part à la Societé pour en recevoir les sentimens avant que de l'abandoner à l'impression. [Signé] Liébaux secretaire, J. Leroy, P. Gaudron (SB, Ms J 1750).

  • 27 octobre 1729 :

    Du jeudi 27 octobre 1729.

    Monsieur l'abé Degua a lu l'extrait d'un memoire qu'il doit faire imprimer sous le tître de projet et essai d'une nouvelle theorie des courbes et cela conformement a la deliberation du 23 octobre dernier.

    Du même jour les sieurs comissaires només par deliberation du 19 fevrier dernier a l'efet de travailler a un projet de reglemens pour la Societé, ont dit [;] que pour satisfaire a ladite deliberation ils avoient presenté le [!] juillet l'ouvrage qu'ils avoient fait en consequence, lequel aïant eté examiné par la Societé dans plusieurs seances, avoit eté repris par eux, pour y faire quelques changemens que ladite Societé avoit cru necessaires avant que les pouvoir authoriser ; que dans le tems de ce second travail S. A. S. Mgr. le comte de Clermont avoit envoyé le 28 août par M. le curé de St. Sulpice des reglemens qu'elle avoit composés pour la Societé dont il fut resolu que la lecture seroit repetée le dimanche suivant pour pouvoir être signés par un plus grand nombre d'associés, l'assemblée n'etant pas alors assés grande pour une afaire de [grande] importance ; que leur ayant paru que S. A. S. n'avoit eu aucune connaissance dudit projet ils s'etoient cru obligés de le lui communiquer dans la semaine come aïant eté dressé par ordre même de la Societé et pour y avoir tel egard que S. A. S. jugeroit a propos ; qu'ils le lui avoient en fait communiqué le 2 septembre et que cette demarche avoit eté autorisée tant par la reception pleine de bonté que S. A. S. avoit daigné leur faire que par la Societé assemblée le surlendemain. Qu'aujourd'hui enfin qu'ils ont tous [souscrits] au reglement que S. A. S. a envoyé le [16 ?] octobre ; ils requierent que leur projet contenu en un cayer de vingt quatre feuillets signé et paraphé par eux, soit deposé dans les archives de la Societé pour servir à toujours de preuve qu'ils ont satisfait a ladite deliberation du 13 treize fevrier, et en même tems un monument de leur zele, ce qui a eté unanimement acordé par la presente assemblée et executé a l'instant, et dont a eté fait mention au bas dudit projet. Il a de plus eté deliberé que ceux des membres de la Societé qui ont travaillé precedemment dans les même vues auront la liberté de deposer leur ouvrage dans les mêmes archives pour temoignage perpetuel de leur attachement aux intêrets de la compagnie.

    [Signé] Liebaux secretaire, Julien Le Roy directeur, Clairaut administrateur, Puisieux tresorier (SB, Ms J 1750).

  • [30] octobre 1729 :

    Du dimanche [3]0 octobre 1729.

    Monsieur Grandjean a lu le detail de l'observation qu'il a faite de l'aurore boreale qui a paru le nuit du 16 au 17 octobre 1729 [Signé] Liébaux Secretaire, Julien Le Roy (SB, Ms J 1750).

    Le secrétaire avait très lisiblement daté son procès-verbal du 20 octobre 1729 mais d’une part cette date s'inscrit mal dans l'ordre chronologique toujours respecté jusque là, et d'autre part le 20 octobre était un jeudi et non un dimanche.

  • 27 novembre 1729 :

    Du dimanche 27 novembre 1729

    Monsieur pigeon a presenté un globe de sa façon et de son invention à la Societé assemblée qui a jugé que ledit sieur Pigeon pouvant remplir utilement une des places [En marge : De mechanicien] qui y sont vacantes. Il seroit convenable de nommer des commissaires conformement à l'article 30 des reglements pour faire à ce sujet des informations necess[aires] à l'effet de quoy, Messieurs Gaudron, Le Roy et de Romieu ont eté nommés.

    [Signé] Grandjean au lieu de M. Liébaux secret., Julien Le Roy, Clairaut, Puisieux (SB, Ms J 1750).

    Grandjean dans ses débuts de secrétaire (intérimaire), sa future fonction à l’Académie.

  • 1 décembre 1729 :

    Du jeudi 1er decembre 1729.

    Suivant le certificat de Messieurs Le Roy, Gaudron et Romieux només comissaires pour s'informer si le sieur Jean Pigeon proposé par Monsieur le curé de St. Sulpice le 27 novembre dernier avoit les qualités que requierent les reglemens pour etre reçu dans la Societé, le dit sieur Pigeon a eté elu avec les formalités [Surligné : et les personnes ?] prescrites par les dits reglemens.

    [Signé] Liébaux secretaire, [une tâche], Le Roy (SB, Ms J 1750).

    La signature précédente est suivie d'une autre, illisible, et jamais encore vue sur ces procès-verbaux. Elle est nettement mise en relief par les lignes blanches qui la précèdent et la succèdent et est suivie de la mention : « [petit mot illisible] la page suivante ». La page suivante est le recto du feuillet volant (f. 10) sur laquelle se lit le compte-rendu du 17 décembre transcrit plus bas.

  • 1 décembre 1729 : Est reçu associé assidu :

    Pigeon mecanicien, au coin de la rëu Guenegeau pres le guay (NMS, Ms CC 3459).

  • 17 décembre 1729 :

    Du 17 décembre

    Monsieur le curé de St. Sulpice etant venu aprendre a la Société des arts que son Altesse Serenissime Monseigneur le comte de Clermont avoit non seulement obtenu du Roi la permission que cete Societé continuât ses assemblées dans la forme proposée en atendant que par son travail elle puisse doner de faire penser qu'elle merite des lettres patentes, mais que S. A. S. par une continuation des bontés qu'elle a eu jusqu'a present pour la Societé vouloit lui faire l'honeur de lui donner un lieu dans son propre palais pour y tenir les assemblées. La compagnie penetré de la plus respectueuse reconoissance a prié Monsieur le curé de St. Sulpice de suplier S. A. S. de vouloir bien accorder un jour ou elle puisse avoir l'honneur de la lui temoigner en corps ainsi qu'il a eté deliberé tout d'une voix de le faire apres en avoir obtenu la permission (SB, Ms J 1750).

    Une façon moins positive de voir les choses :

    Portefeuille contenant douze manuscrits relatifs à la Société des arts de l'année 1729. 20 fr.
    Cette société se forma sous la protection du comte de Clermont. La copie de ses statuts forme le premier dossier de ce portefeuille. On y lit la lettre du ministre qui permet que les sociétaires s'assemblent, mais qui refuse provisoirement l'homologation royale (Monteil 35).

  • 3 janvier 1730 : Moncrif signe l’approbation du Règlement de la Société des arts, Paris, 1730, imprimé en début d’année.

    Écho dans les gazettes :

    Si quelques lecteurs sont surpris du titre que nouveau que prend l'auteur [de (Le Dran 30)], et de l'Extrait des registres de la Société des arts, du 23 juillet 1730, signé Hynault secrétaire, et portant approbation de cet ouvrage de la même manière qu'en use l'Académie royale des sciences, nous les renvoyons à une petite brochure imprimée au commencement de cette année chez Quillau, rue Galande, sous le titre Règlement pour la perfection des arts [!]. Il y verront en quoi consiste cette société formée depuis quelque temps à Paris avec la permission du Roi et sous la protection de S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont prince de sang (Journal des sçavans, octobre 1730, p. 633).

    Les sociétés littéraires […] me donnent occasion de dire un mot d’une Société des arts qui s’est formée depuis peu de temps à Paris avec la permission du Roi, sous la protection de S.A.S. Monseigneur le comte de Clermont, qui lui a permis de tenir des assemblées dans son hôtel. La première idée en était venue à feu M. Sully, Anglais, horloger de réputation, qui engagea quelques habiles géomètres, mécaniciens et artistes à s’assembler dans une maison du faubourg Saint-Germain. Le nombre de ceux qui se sont rendus à ces assemblées ayant augmenté considérablement depuis sa mort, on l’a fixé, ainsi que je vais dire. Il y a vingt places d’associés honoraires, soixante associés assidus, qui doivent résider à Paris, et quarante associés libres, et avec ces trois classes il y en a une autre, d’associés étrangers, dont le nombre n’est point limité, et une cinquième d’associés répondants, toute composée d’artistes.

    Dans les associés assidus et les libres il y a douze géomètres, quinze mécaniciens, deux astronomes, treize physiciens, deux médecins, trois chirurgiens anatomistes, dix chimistes, deux botanistes, cinq ingénieurs, trois architectes, deux constructeurs de vaisseaux, deux pilotes, deux géographes, deux hydrographes, quatre horlogers, deux ingénieurs en instruments de mathématiques, deux peintres, deux sculpteurs, deux orfèvres, deux graveurs, un musicien, un verrier, deux lunetiers, un émailleur, et six entrepreneurs de différentes manufactures, qu’on a jugé à propose de diviser en neuf distributions différentes. Les uns sont appliqués à l’agriculture et à l’économique, et les autres différentes parties de la médecine qui peuvent être perfectionnées par les sciences, comme les connaissances de l’économie animale, et celle de la statique et de l’hydrostatique du corps humain. Il y en a qui doivent donner une attention particulière à ce qui regarde les manufactures de toute sorte d’ouvrage de soie, de laine ou de fil, à leur texture et teinture, et à la préparation des peaux. Il y en a aussi pour tous les arts employés par l’architecture civile et militaire. La cinquième distribution est de ceux qui doivent s’efforcer de perfectionner la construction des vaisseaux, le pilotage, la navigation et généralement tout ce qui regarde la marine ; et la sixième est affectée à l’art de mesurer le temps, et à la construction des instruments de mathématiques. L’art de travailler l’optique, tous les arts compris sous la métallique, et ceux qu’on appelle de goût sont trois autres objets de l’application d’un certain nombre d’autres associés.

    Le règlement de cette société ayant été imprimé chez G. F. Quillau, rue Galande, à l’Annonciation, j’y renvoie les personnes qui souhaiteront en prendre une connaissance plus détaillée, après en avoir rapporté le 37e article, qui est conçu en ses termes : « La Société recevra avec plaisir la communication des inventions nouvelles ; elle se fera un devoir d’aider aux inventeurs, des les perfectionner lorsqu’elles pourront être de quelque utilité au public, et si des personnes, soit de Paris ou des provinces du royaume, ou des pays étrangers, ont dessein de faire construire quelques ouvrages de mécanique, instruments, etc., et s’adressent à la Société pour qu’elle prenne soin de l’exécution, elle y veillera avec toute l’attention possible » (Suite de la clef, novembre 1730, pp. 321-323).

    Un exemplaire du Règlement est conservé à la Bibliothèque nationale (Hahn 63), un autre à Lyon, relié avec Diverses quadratures… [(Clairaut 31)] de Clairaut le cadet (Passeron 94, p. 75).

    Un exemplaire du Règlement est mentionné sur le catalogue des livres de Nicolas Dutot, dressé à sa mort en 1741 (François Velde, CP, 29 avril 2008).

    Le Règlement est imprimé par G. F. Quillau qui sera membre de la Socété le 23 avril.

  • 8 janvier 1730 : Clairaut écrit à Gabriel Cramer :

    Des nouvelles des sciences, je vous raconterai les progrès que notre Société des arts, dont je vous avais parlé pendant votre séjour à Paris, a fait depuis. Monseigneur le comte de Clermont qui l'avait prise sous sa protection, ayant été content de ses ouvrages, lui a donné des règlements, qu'il a présenté au Roi pour l'informer de son établissement et pour en obtenir une confirmation. Son altesse sérénissime a eu ensuite la bonté de nous donner une salle dans son palais pour tenir nos assemblées. Je souhaiterais fort en vérité de vous engager à vouloir être de nos associés étrangers et je vous prie dans la première lettre que vous me ferez l'honneur de m'écrire de me mander si vous me donnez la permission de vous proposer à notre assemblée. Je crois vous avoir dit que le but de nos travaux est de nous appliquer aux arts et aux sciences pour les appliquer ensemble (Speziali 55).

    Cramer sera reçu associé étranger le 19 mai (voir plus bas).

  • 8 janvier 1730 : Sont reçus associés assidus :

    Hinault phisicien, chez Mr. Granjean
    Faget anatomiste, reu des St. Perres (NMS, Ms CC 3459).

  • 8 janvier 1730 : Sont reçus associés libres :

    Le Cher. de la Condamine géometre, reu St. Anthoine vis a vis le petit St. Antoine
    Le Dran phisicien, reu Jacob
    Verdié anatomiste, reu Masson pres St. Andre des Arts (NMS, Ms CC 3459).

  • 12 janvier 1730 :

    Du jeudi 12 janvier 1730.

    [En marge : « Deliber. des 5 et 8 Janv. »]

    Sur le raport de Mrs. Du To[t] [Dutot], Grandjean, Renard du Tosta, Medalon et Gaudron només comissaires par deliberation du 8 de ce mois suivant la disposition de l'article la Societé a reçu Messieurs L'abé Dandlau mechanicien, l'abé de la Vallée de [P]imodan phisicien, Le Ferre phisicien, de Varennes geometre, Habert chimiste, Aubert architecte, et a l'instant il a eté proposé a la Societé trois sujets només en la liste ci-jointe et paraphée par Messieurs les oficiers et elle a nomé Mrs. Du Perne, Grandjean, Gourdon, Auvrai et Liébaux comissaires conformement a l'article des reglemens cité ci dessus.

    [Signé] Julien Le Roy, Liébaux secretaire (SB, Ms J 1750).

  • 12 janvier 1730 : Est reçu associé assidu :

    Habert phisicien, reu des canette[s] au coin de celle du four (NMS, Ms CC 3459).

  • 12 janvier 1730 : Sont reçus associés libres :

    L’abbe de Pinaudan phisicien, chez Mr. Grandjean a l’estrapade
    Des Varennes geom., r[ue] du batoir chez Mr. [B]elot
    Aubert architecte, reu des Tournelles (NMS, Ms CC 3459).

  • 15 janvier 1730 :

    Du 15 janvier 1730.

    Sur le raport de Messieurs Auvray, Du Perne, Gourdon, Grandjean et Liébaux només comissaires par deliberation du 12 janvier 1730 pour faire les enquêtes requises par l'article du reglement de la Societé des arts a reçu Monsieur Du Pin phisicien et Monsieur Cochin graveur. A l'instant Monsieur Grandjean a demandé a la compagnie la permission de faire emporter le quart de cercle pour s'en servir a quelques observations ce qu'elle lui a acordé a condition de doner par lui un recepicé circonstancié et de remettre le plûtôt qu'il pourra ledit instrument [en] la sale de la Societé dans le meme etat qu'il l'aura reçu.

    [Signé] Liébaux secretaire, Julien Le Roy, Clairaut (SB, Ms J 1750).

    C’est le dernier procès-verbal de Liébaux, rapidement remplacé par Hynault.

  • 15 janvier 1730 : Est reçu associé libre :

    Du Pin phisicien, a la pointe de L’ille (NMS, Ms CC 3459).

  • 19 janvier 1730 : Est reçu associé libre :

    De Moncrif, phisi (NMS, Ms CC 3459).

  • 29 janvier 1730 : Sont reçus associés assidus :

    Lemoine fils sculpteur, au vieux Louvres
    Raux émailleur, rëu St Martin (NMS, Ms CC 3459).

  • 29 janvier 1730 : Est reçu associé étranger :

    Le cher. de Clairac ingenieur, a Dovay [Douai] (NMS, Ms CC 3459).

  • 4 février 1730 : Sont reçus associés étrangers :

    Nicolai proffer. en medecine, a Strabourg
    Quaysnay chirug. a Mantes
    [Rayé :] Du Tretre horlo, a Paris quay des [arts ?] (NMS, Ms CC 3459).

  • 9 février 1730 :

    Extrait des registres des délibérations de la Société des arts, du 9 février 1730.

    Messieurs les commissaires nommés par délibération de la compagnie du cinquième de ce mois, pour l'examen d'un livre composé par le sieur Quesnay, l'un des associé de la compagnie, traitant des effets de la saignée, conformément aux règles de la mécanique et de l'hydrostatique du corps humain ayant aujourd'hui fait leur rapport à la Société, elle a jugé à propos de permettre au sieur Quesnay de donner son livre au public, sous le titre et la qualité d'associé de la Société des arts. En foi de quoi je lui ai délivré le présent certificat. À Paris ce dixième février 1730. Hynault secrétaire (Quesnay 30, non paginé).

    Le livre de Quesnay paraîtra vers mai 1730. Il est évoqué dans le Journal des sçavans, mai 1730, p. 322 et le Journal des sçavans, juin 1730, pp. 341-349.

  • 9 février 1730 : Sont reçus associés assidus :

    Remond geometre
    Simoneaut entrepreneur de manufacture de tapisserie, rëu Mouffetard fobourg Saint Marceau vis-à-vis le bon passeur (NMS, Ms CC 3459).

  • 12 février 1730 : Est reçu associé assidu :

    Devassé sculpteur, au vieux Louvres (NMS, Ms CC 3459).

  • 14 février 1730 : Angélique Delisle écrit à Joseph-Nicolas Delisle :

    Cet[te] academie des sciences et des arts que Sulli avoit commencé se continuë toujours on l'a purgée deux fois pour y mettre de meilleurs sujets Mrde [Vitou] en est comme peintre, il vient d'épouser une fille de Mr Hallé, Le Roi horlogeur en est, le comte de Clermont en est le protecteur et depuis trois semaines les seances se tiennent dans son othel du petit Luxembourg (BAN, Ms 1508, f. 64r).

  • 23 février 1730 : Sont reçus associés assidus :

    Garangeot bostaniste, rëu de la vieille draperie pres St Pierre des Arcy
    Lemoyne pintre, rëu des bons enfant[s] pres le pallais royale (NMS, Ms CC 3459).

  • 9 mars 1730 : Est reçu associé assidu :

    Thômas ingenieure, au haut de la rëu de Clery (NMS, Ms CC 3459).

  • 19 mars 1730 : Gaudron lit (Gaudron 37).

    La rédaction du mémoire est datée du 29 mai (Gaudron 37) et une version manuscrite a été proposée à la vente (Monteil 35).

  • 28 mars 1730 : Clairaut écrit à Cramer :

    J'ai eu l'honneur de lire dans notre assemblée ce que vous m'aviez marqué dans votre dernière lettre au sujet de l'aurore boréale du 25 février, on a vu avec un très grand plaisir les savantes remarques que vous avez faites dessus, on a peu vu ici cette aurore boréale, nous en avons eu seulement une très considérable ici le mois de décembre passé. J'ai eu l'honneur ensuite de vous proposer à l'assemblée comme vous m'en avez donné la permission, l'on vous a reçu avec un applaudissement général (Speziali 55).

    La réception de Cramer sera officielle le 19 mai (voir plus bas).

  • 12 avril 1730 : Est reçu associé assidu :

    L’abbé de la Grive, Cloitre St Benoist chez Mr. Dubois (NMS, Ms CC 3459).

  • 23 avril 1730 : Est reçu associé assidu :

    Quillaut imprimeur, reu Galande (NMS, Ms CC 3459).

  • 23 avril 1730 : Sont reçus associés répondants :

    Portier brodeur, reu St. Martin vis a vis St. Merry
    Menieur appareilleur
    Du Vicquet marbrie[r] (NMS, Ms CC 3459).

  • 4 mai 1730 : Est reçu associé étranger :

    Gross chimiste, chez Mr. Bolduc reu des boucheries (NMS, Ms CC 3459).

  • 16 mai 1730 : Est reçu associé étranger :

    Saulsay directeur des jardins a Chantilly (NMS, Ms CC 3459).

  • 19 mai 1730 : Sont reçus associés étrangers :

    Krammer proffer. en mathematiques, a Geneve
    Taglinis proffer en philosophie, a Pise (NMS, Ms CC 3459).

  • mai 1730, dans le Mercure de France :

    Avertissement à M. de Boyle, au sujet de son microscope

    Un des membres de la Société des arts, a trouvé la construction d'un microscope par réflexion avec deux ou avec quatre miroirs. On pourrait juger que c'est le microscope de M. de Boyle, avec lequel il prétendait découvrir des animaux dans le sang, et qui fit tant de bruit à Paris en 1727. Mais comme M. de Boyle a toujours constamment refusé toute comparaison d’autre microscope avec le sien, il y a lieu de croire qu'il ne grossissait pas plus que les microscopes connus, et que les miroirs dont il se servait, ne lui étaient utiles que pour apporter aux objets une lumière modérée, afin de les faire voire avec netteté et distinction.

    Quoiqu’il en soit, on ne sait pas si le microscope trouvé est le même que celui de M. de Boyle ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’on a été obligé de lui donner la même figure extérieure pour produire les effets que l’on attendait, qu’il grossit prodigieusement les objets, et qu’il les présente avec beaucoup de clarté et de distinction.

    L’inventeur du nouveau microscope est persuadé qu’on ne présumera pas que M. de Boyle lui ait communiqué son secret ; les précautions qu’il prenait pour le cacher à tout le monde mettent l’inventeur à couvert de ce soupçon. Il est cependant bien aise, avant que de donner la description [de] ce microscope, d’avertir ici M. de Boyle que, s’il veut jouir de l’honneur de sa découverte, il faut qu’il la donne au public dans trois mois, à compter de ce jour, temps qui parait suffisant pour la distance qu’il y a de paris à Rouen. Si M. de Boyle garde le silence dans cette conjoncture, il laissera au public la liberté de croire qu’il n’a aucune prétention à l’honneur de cette découverte (« Avertissement à M. de Boyle, au sujet de son microscope », Mercure de France, mai 1730, pp. 970-971).

    « M. de Boile » répondra qu’il n’est pas l’inventeur du microscope et qu’il ne souhaite pas en publier la description (Mercure de France, juin 1730, pp. 1393-1395).

  • 11 juin 1730 :

    La Société des arts a nommé, pour examiner ce mémoire [(Le Maire 30)], MM. Grandjean et Gourdon, astronomes; M. De Perne, pilote ; M. l'abbé Dega, géomètre ; M. Medalon, physicien (Le Maire 30).

  • 23 juillet 1730 :

    Extrait des registres de la Société des arts. Du 23 juillet 1730.

    Messieurs les commissaires nommés par la délibération du 22 juin de la présente année, pour l'examen d'un traité fait par M. Le Dran intitulé Parallèle des différentes manières de tirer la pierre hors de la vessie, ayant fait leur rapport, la compagnie a jugé que cet ouvrage pourrait faire honneur à la Société et lui a permis de le faire imprimer sous le titre d'associé ; en foi de quoi je lui ai délivré le présent certificat, à Paris ce 24 juillet 1730. Hynault, secrétaire (Le Dran 30, non paginé).

    Le livre de Le Dran paraîtra vers octobre 1730. Il est évoqué dans le Journal des sçavans, octobre 1730, p. 633, le Mercure de France, novembre 1730, p. 2423, le Journal des sçavans, janvier 1731, pp. 26-33 et le Journal littéraire, vol 17 (1731), pp. 54-80.

  • 22 juin 1730 : Est reçu associé étranger :

    Poliniere phisicien, a Paris ou en Normandie (NMS, Ms CC 3459).

  • 27 juillet 1730 : Est reçu associé étranger :

    Abeille ingenieur, en Provance (NMS, Ms CC 3459).

  • 30 juillet 1730 : Sont reçus associés étrangers :

    Tura ingenir. danois
    Rozenkrans ing. danois (NMS, Ms CC 3459).

  • 6 août 1730 :

    Extrait des registres de la Société des arts du dimanche 6 août 1730. Ce jour le sieur Porlier, associé en la classe des arts de goût de ladite Société, a présenté à la compagnie un mémoire sur la broderie et une mantille de gaze d'Italie, brodée à deux envers, or et soies, qu'il a exécuté de ses mains. Le dessin, qui est de sa composition, est d'un goût étranger, et bien entendu tous les rinceaux sont en or et à jour, dans lesquels passent des fleurs et feuillages dont les nuances sont très vives et aussi bien fondues qu'elles le pourraient être dans la miniature la plus parfaite. Cet ouvrage contient tous les différents points qui se pratiquent en Turquie et dans les Indes, qu'aucun brodeur de l'Europe n'avait pu imiter jusqu'à présent. La compagnie a jugé que cette manière de broder pratiquée par le sieur Porlier, pouvait être utile au public, en foi de quoi, voulant lui donner une preuve certaine de son habileté en cet art, je lui ai délivré le présent certificat pour lui servir où besoin sera. À Paris, ce 25 août 1730. Signé Hynault, secrétaire de ladite Société (Porlier 30).

  • 6 août 1730 : Est reçu associé étranger :

    Gallon ingenieur, reu des arcis a l’image Sr. Louis (NMS, Ms CC 3459).

  • 7 août 1730 : Est reçu associé assidu :

    L’abbé Le Blanc phisicien (NMS, Ms CC 3459).

  • 20 août 1730 : Est reçu associé étranger :

    Jolly pilote, est en mere actuellement (NMS, Ms CC 3459).

  • 27 août 1730 : Sont reçus associés étrangers :

    Gramer mechanicien, a Harfleur en Normandie
    Loppin de Gemeaux geometre, a Dijon en Bourgogne
    Arbutnot math. Anglois
    Rigaut au[x] forge[s] de Cosne
    Kurdvanorrski geometre, a Paris pendant l’hiver reu cassette
    Des Ciseaux [botaniste], est en mer actuellement
    Bellet medecin, a Versailles
    Le Rat directeur des pompes a Rouen
    Kolthof a Stockholm
    De Hillerin de Boinssandeau [Boistissandeau] mecanicien, a l’estrapade (NMS, Ms CC 3459).

  • 7 septembre 1730 : Est reçu associé assidu :

    Bassuel physicien, rëu du Haut-Moulin pres St. Denis la Charite (NMS, Ms CC 3459).

  • 7 septembre 1730 : Est reçu associé répondant :

    Tiexier peintre en petit poin (NMS, Ms CC 3459).

  • 13 octobre 1730 : l’abbé Bignon écrit à Grandjean et évoque la Société des arts (BN, f. fr. 22235, f. 47r).

  • 29 octobre 1730 : Sont reçus associés répondants :

    Descemet jardinier des apotiquaires
    Marci fils lunetier, reu St. Denis vis a vis celle de Guerin Boisseaux
    Girault tail[la]ndier, faubour St. Jacques
    Bourdric arquebusier, r. de Tournon
    Laumonie[r] potie[r] d’estin [d’étain], r. de Bussy au coin de la reu des mauvais garçons
    Luce tourneur de flute, r. des fossez St. Germain
    Jullien pour les cadrans desmaille [d’émail], vis a vis le petit St. Antoine
    Pochet chandellier
    Fournier faiseur de ressort (NMS, Ms CC 3459).

  • 29 novembre 1730 : Est reçu associé répondant :

    Vigneron coutellier (NMS, Ms CC 3459).

  • 17 décembre 1730 :

    Extrait des registres des délibérations de la Société des arts, du dimanche dix-septième décembre 1730.

    Ce jour, Messieurs Medallon, Romieu, Degua et Romond, commissaires nommés par délibération de la Société du 27 août dernier, pour l'examen d'une nouvelle machine, servant à apprendre aux enfants plus facilement et plus promptement à connaître les lettres, à les assembler, à lire, à ortographier [sic], tant en latin qu'en français, et même les premiers principes de la langue latine, présentée à la Société par le Sieur Dumas, sous le nom de bureau typographique, ont fait leur rapport à la compagnie, conçu en ces termes :

    Nous, commissaires nommés par la Société pour l'examen du bureau typographique, inventé par le Sieur Dumas, certifions que cette nouvelle invention nous a paru mériter à plusieurs titres une entière préférence sur toutes les méthodes employées jusqu'à présent pour l'instruction des enfants, en ce qu'elle fournit un moyen infaillible d'employer utilement les premières années de la plus tendre enfance, en mettant en oeuvre la mesure d'intelligence qui accompagne cet âge, en épargnant les préceptes, en ne parlant qu'aux sens et à l'imagination qui sont le seul partage de l'enfance, en profitant même des imperfections de cet âge pour le progrès des connaissances, puisqu'on n'y emploie que la voie du plaisir, et d'une pratique aisée et toute mécanique, laquelle est néanmoins fondée sur la théorie la plus exacte et la mieux suivie ; enfin en donnant aux enfants une habitude d'ordre et de travail, et ce qui mérite encore plus d'attention en leur épargnant le dégoût, qui, les éloignant de l'étude, décide souvent de leur sort pour le reste de leur vie. Nous croyons que tous ceux qui sentent l'importance de l'emploi des premières années de l'enfance, regarderont avec estime une invention dont l'utilité s'étend sur tous les âges, et que l'auteur recueillera par le succès et l'approbation générale du public, la seule récompense qu'il ait attendue de son travail.

    Je soussigné, secrétaire de la Société des arts ; certifie que l'extrait ci-dessus a été tiré du registre des délibérations de la Société, et qu'il est en tout conforme à son original. Donné à Paris, ce 14 septembre 1731 (Mercure de France, septembre 1731, pp. 2199-2206).

  • 1730 : Nollet présente un globe céleste (Fouchy 70).

    [Il est conservé au Musée Stewart à Montréal, et on y lit :] Dédié et présenté à S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont par son très humble et très obéissant serviteur Nollet de la Société des arts 1730 (Pyenson 02).

  • 1 janvier 1731 : L’abbé Jean-Bernard Le Blanc (Paris) écrit au président Bouhier :

    Je change de propos pour vous dire, Monsieur, comme vous me faites la grâce de vous intéresser à tout ce qui me regarde, qu’il y a près de six mois que M. le comte de Clermont m’a fait entrer dans la Société des arts dont il est le protecteur (Monod-Cassidy 41, p. 143).

    Dans ses Élégies :

    Votre zèle ne se borne pas là, Monseigneur, vous accordez aux arts une protection encore plus particulière ; vous voulez les porter à leur perfection. Puissions-nous voir un jour cette Société naissante formée par vos soins, exécuter une entreprise aussi digne d’elle que son auguste protecteur (Le Blanc (abbé Jean-Bernard), « [Dédicace au comte de Clermont] », Élégies, Paris, 1731, non paginé).

    M. Le Blanc, de la Société académique des arts, a mis à la tête de 12 élégies nouvellement imprimées, un discours sur ce genre de poésie (Journal de Trévoux, juin 1731, p. 1105).

  • 7 janvier 1731 :

    De Paris. Mémoire lu dans la Société des arts, le 7 janvier 1731 par M. le Maire, ingénieur pour les instruments de mathématiques.

    L'aiguille spirale de boussole marine, de l'invention de M. le Maire, se soutient toujours. Il s'en est déjà répandu en diverses parties du monde ; et l'usage que l'on en en fera sur mer dans les voyages de long cours, apprendra ce que l'on en doit attendre pour l'utilité de la navigation. M. le Maire ayant lu, au mois de juin 1730 dans une assemblée de la Société des arts, dont il est membre, le mémoire qui parut dans ceux de Trévoux de septembre dernier, page 1543 [(Le Maire 30)], au sujet de sa nouvelle boussole, M. Renard, directeur de la monnaie à Paris, et qui l'était alors de la Société, nomma des commissaires, pour examiner cette machine. Après deux mois d'observations, l'aiguille n'avait décliné que de deux degrés vers l'orient, suivant le rapport qui en fut fait en présence de MM. Godin et Mahieu de l'Académie royale des sciences. « Défaut, dit l’auteur du mémoire, qui pouvait autant provenir d’un des côtés du grand cadran de pierre qui se trouve dans le jardin de M. Godin, comme il en est convenu lui-même, que du côté de l’aiguille. »

    Cette déclinaison engage M. Le Maire à prier la compagnie de faire examiner une petite aiguille spirale qu’il lui présente, laquelle se trouve exactement et constamment dirigée vers l’Orient, et qui décline par conséquent de 90 degrés : phénomène qui doit paraître beaucoup plus singulier que la direction exempte de toute déclinaison et qui, selon M. Le Maire, est une des plus fortes preuves du séjour de la matière magnétique dans ces aiguilles.

    Il ajoute que cette différence peut quelquefois provenir de la qualité de l’aimant, qui bande plus ou moins le ressort invisible de la matière subtile qui circule autour de la spirale, à peu près comme les stores [spires ?]. L’observation qu’il a faite mérite attention ; c’est que les aimants de moindre force font rétrograder considérablement la spirale, au lieu que les aimants forts, comme ceux qui sont artificiels, la font avancer vers l’Orient. C'est ce qui se voit dans les deux boussoles qu'il a présentées à la Société. L’aimant faible ne donne point de déclinaison à l’aiguille spirale, m’aimant fort la fixe précisément au point de l’Orient.

    L’auteur de ces découvertes prie la Compagnie de les faire examiner avec soin, et de l’avertir avec franchise des erreurs où il pourrait être tombé, afin qu’il se corrige et qu’il perfectionne ses inventions pour l’utilité publique, qui est l’unique but qu’il se propose dans ses curieuses recherches.

    Il promet un troisième mémoire dans lequel il expliquera la manière d’aimanter les aiguilles, le choix des aimants artificiels, et fera un rapport exact de toutes les expériences que l’on a faites sur ces aiguilles depuis un an, expériences qui n’on pas peu contribuer à les perfectionner (Journal de Trévoux, mars 1731, pp. 546-549).

  • 11 janvier 1731 : Est reçu associé libre :

    Du Treyves phisi., reu St. Maure chez Mr. St. Cort (NMS, Ms CC 3459).

  • 18 janvier 1731 : Est reçu associé libre :

    De Beaufranc architecte, reu du temple pres celle du foin (NMS, Ms CC 3459).

  • 8 février 1731 : Sont reçus associés libres :

    De St. Marcel phisi., reu St. Antoine a l’hotel de la couronne vis-à-vis St. Paul
    Proquope medecin, R. Ticquetone (NMS, Ms CC 3459).

  • [?] mars 1731 : Est reçu associé assidu :

    Kerkove tinturier du Roi, au Gobblin (NMS, Ms CC 3459).

  • 4 mars 1731 : Sont reçus associés assidus :

    Desmarne dessin. de la Sçocietée, reu du foin pres la reu de la harpe
    Ralliard horlogr., r[ue] de la pelletrie (NMS, Ms CC 3459).

  • 14 avril 1731 :

    Rapport de Messieurs les commissaires, nommés par la Société des arts pour l'examen du mémoire précédent.

    Nous soussignés, commissaires nommés par délibération de la Société des arts, du 11 mars 1731, pour examiner un mémoire, lu dans l'assemblée du même jour par M. Remond de Sainte-Albine, lequel désirant de faire imprimer ce mémoire en nom et qualité d'associé, en a demandé la permission, pour se conformer à l'article XXXV du règlement, avons lu ledit mémoire concernant la description d'une nouvelle machine à laminer le plomb, et un détail des avantages du plomb laminé par cette machine, sur le plomb jeté simplement en table à la manière ordinaire. Comme la plupart des faits rapportés par M. Remond, se trouvent contraires à tout ce qui est dit dans un ouvrage anonyme, répandu dans le public sous le titre d'Observations sur le plomb laminé ; nous avons jugé qu'il était nécessaire de nous transporter à la manufacture, pour nous assurer par nous même des effets et de l'utilité de ladite machine. Ce qu'ayant fait, il nous a paru que la machine, conforme à la description donnée par M. Remond, exécute ses opérations avec beaucoup de perfection ; que les tables qui en sortent, sont égales dans toute leur épaisseur ; qu'elles sont plus flexibles et plus malléables, et ne sont pas plus sujettes aux soufflures et ventosité, que les tables ordinaires ; que d'ailleurs ces souillures et ventosités sont d'une conséquence bien moins dangereuse dans les premières, que dans les secondes ; qu'enfin les tables laminées sont à tous égards supérieures à celles sont on s'est servi jusqu'à présent en France.

    [En marge du paragraphe suivant:] Messieurs les commissaires avant de donner leur rapport, avaient écrit à Londres, pour demander un détail de tout ce qui regarde le laminage, et son utilité]

    Nous avons jugé en particulier, que l'espèce de lamellage que M. Remond reconnaît dans le plomb laminé, loin d'être un inconvénient, est au contraire un avantage. Ce que nous pensons sur cette matière, a été confirmé par les éclaircissements que nous avons reçus de Londres sur l'usage général qu'on y fait depuis longtemps du plomb laminé. Nous avons cru en conséquence que l'impression du dit mémoire ne pouvait être qu'utile à la perfection des arts, qui font l'objet de la Société.

    En foi de quoi nous avons signé le présent certificat. Fait à Paris le quatorze avril mil sept cent trente et un.

    Signé, Aubert, Renard du Tasta, l'abbé de Gua, C. Habert (Remond de Sainte-Albine 46, pp. 60-62).

  • 22 avril 1731 :

    Rapport des mêmes commissaires, pour donner leur avis sur la demande que les entrepreneurs de la manufacture ont faite à la Société des arts par une lettre datée du 18 avril 1731.

    Nous soussignés, qui avions été nommés commissaires par délibération du 11 mars 1731, pour examiner le mémoire de M. Remond de Sainte-Albine, ayant été nommés de nouveau le 18 avril, pour donner notre avis sur la demande que Messieurs les entrepreneurs de la manufacture ont faite à la Compagnie par leur lettre datée du même jour ; croyons que la Compagnie ne peut refuser des marques publiques de son approbation à l'établissement du laminoir. Nous confirmons en conséquence tout ce que nous avons dit dans notre précédent rapport à l'avantage de cette machine, et des tables qui en sortent.

    En foi de ce que dessus, nous avons signé le présent certificat.

    Fait à Paris ce 22 avril 1731.

    Signé, Renard du Tasta, C. Habert, l'abbé de Gua, Aubert (Remond de Sainte-Albine 46, p. 63).

    Extrait des registres de la Société des arts du 22 avril 1731

    Ce jour, M. Remond de Sainte-Albine a lu pour la seconde fois son mémoire sur le plomb laminé. Il a ensuite fait la lecture de tous les certificats qui y sont énoncés ; du premier rapport des commissaires nommés pour l'examen de ce mémoire ; de la réponse de M. le comte de Broglie à M. le duc d'Antin ; de la lettre écrite à la Société par les entrepreneurs de la de la manufacture du plomb laminé, pour lui demander son suffrage et son approbation, et enfin du second rapport des commissaires, contenant leur avis sur la lettre et la demande des entrepreneurs. S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont, qui ayant voulu s'instruire par lui-même des opérations de la machine, et de la qualité du plomb qui y est laminé, s'était transporté pour cela deux fois à la manufacture, où il avait fait laminer en sa présence plusieurs tables de plomb de différentes épaisseurs, a fait l'honneur à la compagnie de vouloir que son suffrage fut joint aux suffrages de la Société. Sur quoi M. le directeur ayant les voix, d'abord de S. A. S, ensuite de M. l'abbé Franchini [en note: il était pour lors envoyé du grand duc de Toscane à Paris], de M. le comte de Pachta [en note: Seigneur du royaume de Bohème], de M. le prince de Grimberghen, de M. le chevalier de Béthune, et de M. le comte de Morville, associés honoraires, et enfin de tous les associés assidus et libres ; il a été arrêté unanimement que la lettre, écrite à la Société par les entrepreneurs de la manufacture, serait insérée par le secrétaire dans les registres de la Société ; qu'il était très convenable à la Société et à l'auteur du mémoire, qu'il le donnât au public sous son nom, et sous la qualité d'associé de la Société des arts ; qu'il ne paraissait plus aucun obstacle qui put arrêter ou suspendre le jugement de la Société par rapport à l'approbation qui lui est demandée par les entrepreneurs de cette nouvelle manufacture ; puisque d'un côté tous les faits énoncés dans le mémoire de M. Remond, se trouvent aujourd'hui vérifiés non seulement par le rapport des commissaires nommés par la Société, mais encore par l'examen de S. A. S : et que d'un autre côté les certificats des ouvriers qui ont employé ce plomb, les attestations envoyées de la ville de Londres, la réponse de M. le comte de Broglie à M. le duc d'Antin, et enfin le certificat de l'Académie des sciences, qui seul en ces matières doit faire un préjugé décisif, ne permettent plus de douter de la bonté du plomb laminé, et de sa supériorité à tous égards sur le plomb coulé sur sable, et font juger à la Société, que quoique cette manufacture ait essuyé quelques contradictions dans ses commencements, (ce qu'éprouvent toutes les nouvelles inventions, quelque utiles qu'elles puissent être), cependant, avec le temps et l'expérience, le public se convaincra par lui-même de l'utilité et des avantages de cette nouvelle fabrique.

    Nous soussigné, secrétaire de la Société des arts, certifions que l'extrait a été tiré des registres des délibérations de la Société, et qu'il est en tout conforme à son original.

    Donné à Paris ce 30 avril 1731. Signé, Hinault, secrétaire : Visa, La Condamine [En note : M. de la Condamine de l'Académie royale des sciences], Directeur (Remond de Sainte-Albine 46, pp. 64-67).

    Le livre de Remond de Sainte-Albine paraîtra vers juin 1731. Il est évoqué dans le Mercure de France, juin 1731, pp. 1535-1536, le Journal de Trévoux, juin 1731, pp. 987-995, la Suite de la clef, juillet 1731, pp.13-17, le Journal des sçavans, novembre 1731, pp. 658-661.

    Il connaîtra des rééditions en 1735, 1746 et 1771.

  • 29 avril 1731 : Sont reçus associés honoraires :

    [Régnicoles :]
    [rayé :] Mr le comte de Plélo
    Mr Langues de Gergi, Curé de St Sulpice
    Mr le prince de Grimberghen, quai de Malaquai
    Mr le chr. de Bethune
    Mr le comte de Pacta
    d’Harnoncourt, receveur generale [!] de finances

    [Étrangers :]
    Comte Ernest de Harac auditeur de Rotte, a Rome (NMS, Ms CC 3459).

  • 29 juillet 1731 :

    Extrait des registres de la Société des arts. Du dimanche 29 juillet 1731.

    Ce jour Messieurs Verdier et Faget, commissaires nommés par délibération de la Société du 15 de ce moi, pour l'examen d'un livre intitulé, Observations de chirurgie, composé par M. Le Dran, et qu'il désire donner au public, ont fait leur rapport à la compagnie, contenant qu'ayant examiné ce recueil avec attention, il leur avait paru très conforme aux vues de la Société, qu'on y reconnaît partout un observateur exact et éclairé, qui réfléchit judicieusement sur les moindres circonstances ; que l'auteur a suivi une route différente de celle qui a été suivie par la plupart de ceux qui ont donné jusqu'à présent des observations chirurgicale, en ce qu'il a moins cherché à rapporter des faits surprenants par leur singularité (et qui par cette raison même ne peuvent être d'un grand usage) qu'à ramasser tous ceux qui peuvent servir de règle et fournir des conséquences pour la pratique journalière ; que l'ordre du livre est très propre à procurer l'instruction des jeunes chirurgiens (que l'auteur a principalement en vue) en ce qu'il met à la tête de chaque observation la règle ou le principe général dont l'observation est une suite et une conséquence, et qu'il la finit par des réflexions judicieuses qui mettent les étudiants en état d'en tirer tout le fruit possible ; que si la plupart des observations ne paraissent pas sortir du cours ordinaire des maladies communes, c'est ce qui les rendent d'un plus grand prix et d'une plus grande utilité, puisque l'auteur par son exactitude y fait remarquer plusieurs choses auxquelles on ne fait pas assez d'attention dans la pratique, et que sur les choses qui paraissent les plus simples, il fait des réflexions qui peuvent être d'une grande importance, tant pour les malades que pour ceux qui sont employés à leur guérison.

    En conséquence de ce rapport, la Société ayant délibéré en la manière accoutumée, a permis à M. Le Dran de donner son ouvrage au public sous son nom, et sous la qualité d'associé de la Société des arts.

    Je soussigné, avocat en parlement, secrétaire de la Société des arts, certifie que l'extrait ci-dessus a été tiré du registre des délibérations de la Société, et qu'il est tout conforme à l'original.

    A Paris ce 3 août 1731 Hynault (Le Dran 31, non paginé).

    Ce livre de Le Dran est évoqué dans le Journal des sçavans, février 1732, pp. 100-106.

  • 23 mars 1732 : Lecture de (Le Roy 32).

  • 6 juillet 1732 : Lecture de (Le Maire 33a) :

    Extrait d'un mémoire lu dans la Société des arts le 6 juillet 1732, au sujet d'une nouvelle construction d'aiguille aimantée à 3 cercles, qui se trouve sans déclinaison ni inclinaison, inventée par Jacques Le Maire, ingénieur pour les instruments de mathématiques, présentée à M. le comte de Maurepas le 15 mai 1734 par le Sr Le Maire de la Société des art (Martin 85-99)

    Nous commençons par un mémoire de Monsieur Jacques Le Maire, ingénieur pour les instruments de mathématiques à Paris, qui est l'inventeur des aiguilles aimantées dont il s'agit. Ce mémoire a été lu le 6 de juillet de 1732 à la Société des arts, dont l'inventeur est associé. Nous ne tirons de ce mémoire, que ce qui regarde la construction des aiguilles aimantées et les expériences, sans nous arrêter au raisonnements de l'auteur, qui, aux hypothèses cartésiennes sur l'aimant, en ajoute de nouvelles : on trouve encore ici ces vis et ces écrous, que Descartes a fait agir si directement contre les lois de la mécanique. Nous nous trouvons obligé de laisser ici quelques mots en blanc, parce que les papiers dont il s'agit, nous ayant été envoyé de Rome par la poste, le paquet a été mouillé, et le mémoire de M. Le Maire extrêmement endommagé. Quand nous suppléerons les mots effacés, nous les mettrons en italique. Il s'agit dans ce mémoire de la construction de différentes sortes d'aiguilles, spirale et circulaire (Le Maire 33a, p. 43-44)

    Un manuscrit de ce mémoire se trouve dans les papiers de l’abbé Bignon (BN, fr. 22230, ff. 340-347), avec une lettre outrée de Jacques Le Maire indiquant que le mémoire aurait dû être lu le 31 mars 1734, mais qu’il a été « renvoyé à la fin de la séance par devant Monseigneur le comte de Maurepas » (BN, f. fr. 22230, ff. 337-338).

    Un autre manuscrit est conservé à la bibliothèque de l’Arsenal (Ms 6130, ff. 1-11).

  • 19 novembre 1732 : L’abbé Jean-Bernard Le Blanc (Paris) écrit au président Bouhier :

    Je vous enverrais le programme des prix de notre Société si je n’étais sûr qu’au premier jour il paraîtra tout au long dans les journaux publics (Monod-Cassidy 41, p. 163).

  • 14 décembre 1732 : Lecture (Le Roy 37a).

  • Décembre 1732 : Prix de la Société des arts :

    Prix de la Société des Arts

    Son Altesse Sérénissime Monseigneur le comte de Clermont, protecteur de la Société des Arts, ayant bien voulu accorder des fonds à cette Compagnie pour qu'elle distribue deux prix tous les ans, chaque prix sera une médaille d'or de 300 liv. et toutes personnes, excepté les associés qui doivent être juges, pourront aspirer à ces prix. Les deux premiers se distribueront à l'assemblée publique d'après la S. Martin de l'année 1733.

    Comme la Société se fait une loi de ne choisir pour les sujets de prix que des questions qui aient rapport aux arts, et que la solution de cette nature dépend souvent moins de la simple théorie, que d'une longue suite d'expérience, elle proposera chaque année un plus grand nombre de questions qu'elle n'aura de prix à donner l'année suivante ; par ce moyen plus d'auteurs seront excités à travailler ; ceux qui s'attacheront aux matières, sur lesquelles il n'appartient qu'à l'expérience de donner des décisions, auront tout le temps nécessaire pour la consulter ; et la Société recevra des éclaircissement dont elle serait privée, si elle exigeait qu'on les lui donnât dans un terme prescrit. Elle propose donc cette année cinq sujets, et elle en proposera chacune des années suivantes autant de nouveaux qu'elle aura distribué de prix dans l'année.

    Sur la charrue
    [...]
    Sur le moulin
    [...]
    Sur les semences
    [...]
    Sur le mercure
    [...]
    Sur le ressort des balanciers des montres
    [...]
    Les personnes qui voudront concourir pour le prix que la Société doit donner dans son assemblée publique d'après la Saint Martin de l'année 1733 seront tenues d'envoyer leurs ouvrages dans le courant du mois de juin [...].

    Ceux qui seront à Paris, ou qui auront dans cette ville quelqu'un de confiance, pourront envoyer leurs ouvrages à la Société des Arts tous les jours qu'elle s'assemble. Elle tient ses séances chez S. A. S. le comte de Clermont, au palais du petit Luxembourg, le dimanche et le jeudi de chaque semaine, depuis quatre heures du soir jusqu'à six. [...] Ceux qui ne seront pas à portée de se servir de la voie que nous venons d'indiquer, pourront prendre celle de la poste. M. le comte de Clermont permet qu'on adresse en son palais, tous les paquets destinés à la Société.
    [...]
    Aussitôt qu’un prix sera adjugé, la Société avertira le public dans les différents journaux de France et dans les gazettes qu’un mémoire, commençant par tels mots, portant telle maxime, et ayant telle matière pour sujet, a remporté l’un des prix. L’auteur fera alors ses diligences pour se faire connaître, et dans l’assemblée destinée pour donner le prix qu’il aura obtenu, il recevra la médaille, ou la fera recevoir par quelqu’un chargé de sa procuration. Dans la même assemblée, on lira le mémoire, et la Société le fera imprimer dans ses recueils ; elle compte même d’y faire imprimer les ouvrages, qui n’étant pas jugés dignes des prix, paraîtront cependant mériter de voir le jour (Mercure de France, décembre 1732, pp. 2639-2644).

  • 5 janvier 1733 : L’abbé Jean-Bernard Le Blanc (Paris) écrit au président Bouhier :

    J’ai mis à la poste sous l’adresse de M. des Granges les règlements de notre Société imprimés dont je vous fais présent. Rien ne peut mieux, je pense, vous en donner l’idée. Pour ce qui est des associés, une partie est de célèbres artistes qu’il est inutile de vous nommer, les autres, je pense, n’ont pas assez de nom pour que vous les puissiez connaître. J’en excepte pourtant M. le curé de Saint-Sulpice (Monod-Cassidy 41, p. 166).

  • 18 janvier 1733 : Mémoire sur les rouets (Monteil 35).

  • 8 février 1733 : Rapport sur une machine pour curer les ports, sur une grue et sur un cabinet d’histoire naturelle (Monteil 35).

  • Février 1733 :

    Son altesse sérénissime Monseigneur le comte de Clermont, qui a accepté d'être le protecteur de la Société des arts, parce qu'il l'est des arts mêmes, et que c'est être celui de l'utilité publique ; voulant l'être en Prince de son rang, et allumer partout le beau feu de l'émulation en leur faveur, a accordé à cette compagnie formée sous ses ordres, et déjà florissante sous ses glorieux auspices, les fonds convenables pour qu'elle distribue chaque année deux prix aux auteurs, qui auront produit les mémoires et les découvertes les plus utiles dans le genre de son objet ; c'est-à-dire dans toute l'étendue des arts. On proposera chaque année, comme l'on fait actuellement, cinq sujets [le rédacteur oublie de les mentionner !]; et on les proposera de fort bonne heure, afin que chacun ait le temps de faire des études par expérience, genre de preuve ici le plus de mise, parce qu'il vérifie la théorie et la renferme. Les compositions ou mémoires que les particuliers voudront présenter à la Société sur d'autres sujets que les cinq proposés, concourront aussi pour le prix, et le remporteront s'ils sont meilleurs. Les mémoires seront envoyés dans le courant du mois de juin, et le jugement se déclarera à la première assemblée publique après la Saint Martin 1733. Chaque prix sera d'une médaille d'or de 300 francs. Les personnes de toute langue et de toute nation sont invités à disputer la palme, mais on exige que les mémoires soient envoyés en français ou en latin, et sans nom d'auteur : une maxime ou quelque passage tiendra la place de ce nom. Ces paquets par la poste seront adressés à Messieurs de la Société des arts au petit Luxembourg à Paris. Les auteurs qui demeurent en cette ville, donneront leur ouvrage au secrétaire de la Société dans une des assemblées. Elles se tiennent au palais que l'on vient de nommer, le dimanche et le jeudi de chaque semaine, depuis quatre heures jusqu'à six. Ces mémoires seront lus en présence de la Société et imprimé dans les recueils, qui, outre les pièces couronnées, renfermeront encore celles, qui, quoique surpassées par d'autres, mériteront une distinction. On voit assez que tels recueils, où se rencontrera tout ce que l'art aura pu suggéré au génie appliqué de nouveau et de parfait, pour la sûreté, la commodité et l'opulence, feront les archives de la prospérité particulière et publique ; et prouveront à tous les siècles futurs, que la Société était digne d'une si haute protection (Journal de Trévoux, février 1733, pp. 357-359).

  • Mars 1733, dans le Journal de Trévoux :

    On en trouvera le détail et la description [de l’application d’une nouvelle construction de Julien Le Roy] dans les mémoires de la Société des arts, laquelle à cet égard m'a donné un certificat d'autant plus avantageux, qu'il marque sans réserve l'estime qu'elle fait de la nouvelle manière de placer les machines de la quadrature aux pendules à tirage (Le Roy 33a).

  • Mars 1733, parution du Temple du goût dans lequel se trouve cette note de Voltaire :

    M. le comte de Clermont, prince du sang, a fondé, à l’âge de vingt ans, une Académie des Arts, composée de cent personnes, qui s’assemblent chez lui (Voltaire 68-, vol. 9, p. 180).

  • 30 mars 1733, Julien Le Roy lit (Le Roy 35b).

    Ce mémoire avait dû être tiré à part avant d’être publié dans le Mercure en 1735, car on en trouve un extrait dans le Journal de Trévoux en 1734 :

    Le Sieur Julien le Roi horloger de la Société des arts, vient de faire imprimer avec approbation et privilège, un petit écrit intitulé Usage d'un nouveau cadran universel à boussole, et propre à tracer des méridiennes. Ce cadran de son invention a, dit-il, plusieurs avantages sur ceux de Buterfiel. 1°. Sa boussole, placée au milieu de la platine supérieure, permet d'y faire les divisions aussi grandes qu'il est possible, ce qui n'est pas dans les autres. 2°. Les degrés marqués sur l'échelle du nouveau cadran y sont si sensibles qu'on peut le mettre exactement à la hauteur du pôle. Ces degrés sont trop pressés dans les Buterfiels, sans compter l'inconvénient de la largeur. 3°. Ces derniers sont ordinairement composés de trois ou quatre cadrans concentriques, dont les intérieurs sont confus, parce qu'ils sont petits. D'ailleurs comme ils diffèrent ordinairement les uns des autres de trois degrés, ils laissent à désirer une précision qu'on ne peut y trouver lorsqu'on s'en sert sous les parallèles qui sont intermédiaires à ceux pour lesquels ils ont été tracés. 4°. Enfin, la ligne de déclinaison étant fixée sur ces anciens cadrans, les rend plus ou moins défectueux, suivant qu'on s'en sert dans les années où la déclinaison est plus ou moins approchante de celle où ils ont été faits. Le nouveau cadran remédie à ces inconvénients. Le sieur Le Roi donne assez au long la manière de s'en servir (Journal de Trévoux, décembre 1734, pp. 2278-2280).

  • Avril 1733 : Papillon à la Société des arts :

    En 1733 M. Roylet, fameux écrivain, me fit graver son affiche des principes d'écriture et des lettres pour des traités de sa composition. Il était de la Société académique des arts, et y ayant parlé de mes talents, il m'invita de la part de ses associés de leur faire voir mes ouvrages ; je fus donc leur en montrer et laisser un petit recueil. En conséquence ces Messieurs, après l'avoir admiré, nommèrent commissaire feu M. Oudry, fameux peintre, pour examiner mes gravures. Il m'écrivit la lettre suivante dans le mois d'avril.

    Lettre de M. Oudry à M. Papillon

    Ce 27 avril 1733

    Monsieur,

    Je m'étais promis d'avoir l'honneur de vous voir lundi dernier pour vous dire de quelle façon vous aviez été reçu à la Société des arts ; mais il me vient une lettre de M. le Premier de me rendre à Ivry ce même jour, ce qui, par conséquent, m'a empêché cet honneur.

    J'ai l'honneur de vous dire, Monsieur, que vous avez été reçu tout blanc, c'est à dire, d'une commune voix ; cela était dû à votre personne et à votre beau talent que vous avez l'art de porter au delà de tout ce qu'on a vu dans le genre.

    Vous pouvez, Monsieur, prendre séance demain ou dimanche, quand vous le voudrez ; vous serez reçu comme vous le méritez. Je vous demande pardon, Monsieur, si je ne vais pas moi-même vous faire ce compliment, des affaires sérieuses pour moi m'en empêchent ; mais je vous prie de me pardonner, ce n'est point négligence, je ne désirerais rien avec tant de vivacité que d'aller admirer vos talents, mais surtout de vous assurer combien j'ai l'honneur d'être avec un parfait attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur Oudry.

    Voilà comment je fus reçu à cette Société ; le jour même que j'y pris séance, j'y commençai la lecture de mon Traité historique et pratique de la gravure en bois.

    Encouragé par l'honneur d'être de cette Société et d'y aller chaque jour d'assemblée y lire le manuscrit de mon traité de la gravure en bois, je fis d'assez beau morceaux cette année là, exerçant et pratiquant toujours le creusage de mes planches, et plusieurs autres encore jusqu'en 1735 [date à laquelle il prend contact avec le Père de la Halde] (Papillon 66, vol. 2, pp. 26-28).

  • [c. juillet] 1733 : Pierre Le Roy présente (Le Roy 33b) et (Le Roy 33c) :

    Monsieur, le zèle que vous avez pour la perfection de l’horlogerie m’engage à satisfaire votre curiosité sur l’idée que vous m’avez demandée de la pendule à ressort que j’ai présentée à notre Société (Le Roy 33b) ou (Le Roy 33c).

  • 26 août 1733 : Mémoire sur la coupe des bois (Monteil 35).

  • Novembre 1733 : Premier report de l’attribution des prix :

    La Société des arts différera jusqu'au retour de S. A. S. Monseigneur le comte de Clermont, son protecteur, l'assemblée publique qu'elle devait tenir immédiatement après la St. Martin de cette année 1733. Elle avertit qu'à l'égard des deux prix qu'elle devait distribuer dans la même assemblée, quoique dans les mémoires qui ont concouru pour ces prix, il y ait beaucoup de choses aussi utiles que curieuses, et qui prouvent le zèle et la capacité de leurs auteurs, elle n'y a néanmoins rien trouvé d'assez nouveau ou d'assez bien développé pour mériter de remporter les prix proposés, et qu'ainsi elle recevra encore jusqu'au premier mars 1734 non seulement les mêmes mémoires augmentés ou éclaircis par des figures exactes (qui manquent à la plupart) mais même les mémoires nouveaux qui lui seront envoyés, soit sur les sujets compris dans le programme, soit sur d'autres sujets, pourvu qu'ils puissent contribuer à la perfection des arts, et qu'elle ne distribuera les prix que dans l'Assemblée d'après pâques de l'année 1734 (Mercure de France, novembre 1733, p. 2458).

  • Début 1734 : Lecture de (Le Roy 35c).

  • 30 janvier 1734 : Est reçu associé assidu :

    De Veaucanson (NMS, Ms CC 3459).

  • 13 février 1734 : Sont reçus associés assidus :

    Gourdin horlogr.
    Du Tertre horlogr. Estranger, le quay des horlog[eu]rs (NMS, Ms CC 3459).

  • Février 1734 : Parution de (Le Roy 34a).

  • Mai 1734 : Second report de l’attribution des prix :

    Le départ du comte de Clermont pour l'armée ne lui ayant pas permis d'indiquer à la Société des arts, un jour pour la rentrée publique, S. A. S. a souhaité que cette rentrée fût différée jusque après son retour. Pour se conformer à ses intentions, la Société a remis cette première rentrée publique au dimanche d'après la Saint Martin de la présente année 1734.

    Comme la Société des Arts n'a reçu aucun mémoire pour concourir au prix depuis son dernier avertissement, inséré dans le Mercure du mois de janvier dernier, elle se trouve forcée à différer la distribution de ces mêmes prix jusqu'après la Saint Martin. Elle recevra les mémoires qui lui sont adressés jusqu'à la fin du mois de juillet prochain. Les auteurs pourront choisir ou l'un des cinq sujets proposés par le programme publié en l'année 1733, ou tel autre sujet qu'ils jugeront à propos pourvu qu'il tende à la perfection des arts, des manufactures ou de quelque métier. Si les mémoires, pour être entendus, ont besoin du secours de quelques figures, les auteurs y en joindront qui soient exactement dessinées. Ils ne mettront point leurs noms au bas de ces mémoires, mais seulement une marque, une devise ou un cachet qui puisse les distinguer et les faire reconnaître. Ils adresseront les paquets qui renfermeront leurs mémoires, à M. Hynault, avocat en parlement, secrétaire de la Société des arts, rue des postes, proche l'ancienne estrapade ; et les ports des paquets acquittés jusqu'à Paris (Mercure de France, mai 1734, pp. 937-938).

  • [c. juillet] 1734 : Parution de (Polinière 34).

    L’ouvrage est évoqué dans le Mercure de France, juillet 1734, p. 1575, dans le Journal des sçavans, juillet 1734, p. 434, le Journal de Trévoux, mai 1735, pp. 955.

  • Septembre 1734 : Parution de (Le Roy 34b).

  • 1734 : Kriegseissen invente une machine mathématique (Martin 85-99).

  • 6 février 1735 : Est reçu associé étranger :

    Mr. le comte de Cronstedt intend. des batimens de Sa Majeste de Suede a Stockholm (NMS, Ms CC 3459).

  • 14 février 1735 : Carl Johan Cronstedt écrit à Hårleman :

    J’ai l’honneur de vous annoncer que j’ai été reçu il y a huit jours dans la Société des arts et des sciences à Paris et pour cet effet j’ai composé une grande place publique de mon propre génie, qu’on a trouvé assez bonne, pour être reçu dans la société, après que ces Messieurs ont eu nommés trois commissaires pour l’examiner. M. Vignie [de Vigny] était du nombre et il vous fait bien des compliments. M. Chevotet vous assure aussi de ses respects (Archives nationales de Stockholm, Ms 3447) (Strandberg 62).

    Le même jour, Cronstedt emploie presque les mêmes mots dans une lettre à son père. Un plan de Cronstedt correspondant à cette description est conservé au Musée national de Stockholm sous la cote C.C. 2634 (Strandberg 62).

  • Février 1735 : Parution de (Le Roy 35a).

  • [c. 17] mai 1735 : Carl Johan Cronstedt écrit à sa mère :

    Il lui indique que le comte de Clermont est le président de la Société des arts, qui compte environ quatre-vingts professeurs de différentes sciences, parmi eux plusieurs présidents et conseillers du parlement, mais aussi des personnes qualifiées de différentes professions. Il termine cette description en annonçant que l’astronome suédois, le professeur Celsius, sera reçu à la prochaine séance (Archives nationales de Stockholm, Ms 3447) (Strandberg 62).

  • 20 mai 1735 : Est reçu associé étranger :

    Mr. Celsius astronome, a Stockholm (NMS, Ms CC 3459).

  • 5 juin 1735 :

    Extrait des registres de la Société des arts. Du dimanche 5 juin 1735.

    Ce jour Messieurs les associés soussignés, nommés commissaire par délibération de la Société des arts, du 12 novembre 1734 pour l'examen d'un livre intitulé, Essai phisique sur l'oeconomie animale, avec un traité de l'art de guérir par la saignée, composé par M. Quesnay, et qu'il désire donner au public, ont fait leur rapport à la compagnie contenant ce qui suit.

    La petitesse de ces deux traités ne paraît pas répondre au sujet annoncé par les titres. Cependant tout ce qu'il y a de plus intéressant sur ces matières, nous a paru y être fort approfondi. Des faits y sont partout, les principes et les preuves sur lesquels l'auteur bâtit ; mais ces faits ne peuvent ennuyer : ils sont exposés avec une telle brièveté, et paraissent dans un si beau jour, que quoi qu'ils ne fassent, pour ainsi dire, que passer rapidement, il n'en sont pas moins frappants, et ne produisent pas moins leur effet. De plus ils sont distribués dans un ordre si judicieux et si naturel, qu'il en résulte un système rempli de nouveautés, sans avoir cependant le défaut d'être nouveau. Car en médecine comme dans les autres sciences, il n'y a qu'une doctrine qui puisse être vraie : ce qu'on peut faire de mieux, est de la mettre de plus en plus en évidence, de diminuer les faussetés qui s'y trouvent et d'y ajouter de nouvelles vérités. Les raisonnements tiennent ici peu de place : on n'y trouve que ceux qui sont nécessaires pour exposer et pour démontrer avec précision, la doctrine qui doit naître immédiatement des expériences et des observations sur les quelles l'auteur s'appuie. Il est si persuadé qu'au-delà des faits il n'y a plus rien de sûr, que les premières causes qu'il reconnaît, ne sont que de premiers effets sensibles et généraux, qu'ordinairement il n'entreprend point d'expliquer, mais qui lui servent à en expliquer une infinité d'autres qui sont du ressort de l'art de guérir. Ainsi nous croyons que cet ouvrage sera utile et agréable, non seulement aux personnes de l'art, qui aiment à agir en connaissance de cause dans le traitement des maladies, mais encore à ceux qui ont du goût dans la physique du corps humain. À Paris ce 22 mai 1735.

    Bottée, directeur
    Hynault, secrétaire
    Croissant de Garengeot, trésorier
    Bassuel, associé assidu

    En conséquence de ce rapport, la Société ayant délibéré en la manière accoutumée, a permis à M. Quesnay, de donner son ouvrage au public sous son nom, et sous la qualité d'associé de la Société des arts.

    Je soussigné secrétaire de la Société des arts, certifie que l'extrait ci-dessus a été tiré des registres des délibérations de la Société, et qu'il est en tout conforme à l'original. A Paris ce 5 juin 1735. Hinault (Quesnay 36a, Quesnay 36b).

    (Quesnay 36a) paraitra vers janvier 1736. L’ouvrage est évoqué dans le Mercure de France, janvier 1736, p. 114, le Journal des sçavans, janvier 1736, pp. 6-16.

    (Quesnay 36b) paraîtra vers octobre 1736. Il est évoqué dans Journal des sçavans, octobre 1736, pp. 577-586.

  • 17 juillet 1735 : Lecture par de (Le Roy 35d).

  • 2 octobre 1735 :

    Approbation

    Je soussigné, peintre ordinaire du Roi, de l'académie royale de peinture, commissaire nommé par délibération de la Société des arts, du dimanche 7 août, pour l'examen d'un Traité historique et pratique de la gravure en bois, composé par M. Papillon, associé de la même Société, certifie avoir lu et examiné exactement ledit manuscrit. L'histoire de la gravure en bois m'a paru fort intéressante, et les principes de cet art m'ont semblé être expliqués d'une manière autant intelligible qu'instructive, et comme la quatrième partie, dite l'esprit de la gravure, est particulièrement propre à ceux qui professent le dessein, je crois qu'en général cet ouvrage sera agréable et très utile au public. Fait à Paris ce deuxième octobre 1735. Signé, Oudry (Papillon 66, vol. 1, p. 499).

  • 9 octobre 1735 :

    Extrait du registre des assemblées de la Société des arts, du 9 octobre 1735.

    Ce jour la Société étant assemblée en la manière ordinaire, Monsieur Papillon, l'un de ses associés, lui a présenté le rapport de M. Oudri, peintre du Roi, commissaire nommé par délibération du 7 août précédent, pour l'examen d'un Traité historique, et pratique de la gravure en bois, composé par le Sieur Papillon ; et en conséquence il a demandé permission à la Société de faire imprimer ce traité sous son nom, et d'y prendre la qualité d'associé de la Société des arts : sur quoi la Société ayant délibéré, après avoir vu et examiné le rapport dudit sieur commissaire, dans lequel il rend un témoignage avantageux au traité du sieur Papillon ; et convaincue elle-même par la lecture qui lui en a été faite pendant plusieurs séances, que ce traité sera agréable au public, et très utile à ceux qui voudront tendre à la perfection de l'art de la gravure en bois, a permis au Sieur Papillon de donner ce traité au public sous son nom, et d'y prendre la qualité d'associé assidu de la Société des arts.

    Je soussigné, secrétaire de la Société des arts, certifie que l'extrait ci-dessus a été tiré des registres des assemblées de la Société, et qu'il est conforme à son original. Donné à Paris le 17 octobre 1735. Signé, Hynault (Papillon 66, vol. 1, pp. 499-[500]).

  • 18 octobre 1735 :

    J'ai lu en particulier avec application le Traité historique de la gravure en bois, composé par Monsieur Papillon, associé de la Société des arts. Cet ouvrage m'a paru curieux dans sa partie historique, et très solide et utile dans la partie pratique ; il peut même être d'usage à tous ceux qui dessinent. Fait à Paris le 18 octobre 1735. Bottée, directeur de la Société des arts (Papillon 66, vol. 1, p. [500]).

  • [c. novembre] 1735 : Parution de (Horrebow 35).

    L’ouvrage est évoqué dans le Journal du trévoux, novembre 1735, pp. 2377-2378.

  • 1735 : Parution de (Remond de Sainte-Albine 35), deuxième édition de (Remond de Sainte-Albine 31).

  • [c. mars] 1736 : Le Maire lit un mémoire sur une boussole (Le Maire 36).

  • 13 mai 1736 : Dutartre [Dutertre] le fils présente une nouvelle montre à équation :

    Lettre de M. *** à un de ses amis, sur une nouvelle montre à équation.

    Comme vous n'êtes pas à portée, Monsieur, de savoir ce qui se passe de nouveau et de curieux dans les beaux-arts, et que je vous ai promis de vous en faire part, autant que des choses viendraient à ma connaissance, voici une nouvelle découverte dans l'art de l'horlogerie, qui est d'autant plus belle, que l'auteur, qui est fils du célèbre M. Dutartre, dont vous avez oui parler tant de fois, a su faire accorder par la mécanique de son ouvrage, le mouvement irrégulier apparent du soleil, avec le mouvement régulier et uniforme que vous savez qu'on appelle équation. C'est une montre qui a paru dès le mois de février l'année dernière, et qu'il a présenté à la Société des arts, où il remplit la place de feu M. son père le 13 mai suivant (Dutertre 37).

    Elle est décrite dans le Mercure de France, février 1737, pp. 290-293.

  • 2 septembre 1736 : Le Maire lit (Le Maire 36).

  • Novembre 1736 : Parution de l’almanach de Papillon :

    Papillon, graveur en bois, de la Société des arts, demeurant au milieu du pont S. Michel, donne avis que le petit almanach de Paris pour l'année 1737, est augmenté de plusieurs choses curieuses et qu'il se délivre actuellement (Mercure de France, novembre 1736, p. 2529).

    Papillon avait commencé son premier almanach vers 1726 et il les arrêtera en 1743 (Papillon, vol. 2, p. 18-20).

  • [c. février] 1737 : Parution de (Sully 37), qui contient deux mémoires inédits de Sully, une présentation et dix mémoires de Julien Le Roy, et un mémoire de Pierre Gaudron.

    L’ouvrage est évoqué dans le Mercure de France, février 1737, pp. 319-323, le Journal des sçavans, février 1737, p. 127, le Journal des sçavans, mars 1737, p. 192, la Suite de la clef, mars 1737, pp. 176-178, le Journal de Trévoux, janvier 1739, pp. 182-186, le Mercure de France, février 1739, p. 302.

  • 14 octobre 1737 : Mémoire sur la fabrication d’habits (Monteil 35).

  • Novembre 1737 : Parution de l’almanach de Papillon :

    Papillon, graveur en bois, et de la Société des arts, donne avis que son petit Almanach de Paris pour l'année 1738, est augmenté de plusieurs choses curieuses et intéressantes (Mercure de France, novembre 1737, p. 2475).

  • 5 février 1738 : À l’Académie des sciences, Duhamel et Jussieu examinent un mémoire de des Chizeaux, de la Société des arts (PV 1738, f. 30).

  • Mars 1738 : Parution de (Le Dran 38).

    Ce livre de Le Dran est évoqué dans le Journal des sçavans, mars 38, pp. 291-295.

  • 1741 : Parution de (Le Roy 41).

  • 1746 : Parution de (Remond de Sainte-Albine 46), troisième édition de (Remond de Sainte-Albine 31)..

  • 1749 : Parution de (Thomin 49b).

    L’ouvrage est évoqué dans le Journal de Trévoux, février 1750, pp. 487-500, le Journal des sçavans, juin 1750, pp. 342-347.

  • 1765 : Parution de (Puisieux 65).

  • 1765 (2) : Parution de (Kurdwanowski 65) :

    Cet article [(Kurdwanowski 65)] nous a été adressé par M. Kurdwanswski, de l'Académie royale des sciences de Prusse, et correspondant de celle de Paris, qui nous assure l'avoir donné il a très longtemps à la Société des arts, et qui se plaint de ce que M. l'abbé Deidier, dans un livre imprimé en 1745 [(Deidier 45) (Gaber 81)], a fait usage de ce problème sans en citer l'auteur (Kurdwanowski 65).

  • c. 1766 : La Condamine écrit à Fouchy :

    Vous avés été témoin par vous même, Monsieur, des dégouts que j'essuyai à mon entrée dans l'academie, il y a 35 ans, uniquement par ce qu'on exigeoit de moi que je renonçasse hautement à la Societé des arts, sans encourir la disgrace d'un prince de sang, alors mon colonel, et dont je produisois une lettre par laquelle il me témoignoit qu'il ne voyoit rien d'incompatible entre ma qualité d'academicien, et celle de directeur de la societé qu'il protégeoit (UB Basel, L I a 685, f. 659r).

  • c. mars 1769 : Parution de (Papilllon 66)

    Il est commenté dans (Grimm 77-82, vol. 8, p. 306, 1 mars 1769).

  • 1771 : Parution de (Remond de Sainte-Albine 71), quatrième édition de (Remond de Sainte-Albine 31).

Autres documents
  • Bibliothèque de l’Arsenal :

    [Ms] 6130 (209 B. S. A. F.). « Observations diverses, mémoires et pièces détachées concernant les arts et les sciences »

    En tête, sur le feuillet de garde, cette note de la main d'un secrétaire de M. de Paulmy : « Il parait que ce volume était destiné à contenir les observations d'une Société des arts, qui s'était établie à Paris vers 1740, et dont M. Bonnier était membre. »

    1°. Page 1. « Extrait d'un mémoire lu dans la Société des arts le 6 juillet 1732, au sujet d'une nouvelle construction d'aiguille aimantée à 3 cercles, qui se trouve sans déclinaison ni inclinaison, inventée par Jacques Le Maire, ingénieur pour les instruments de mathématiques, présentée à M. le comte de Maurepas le 15 mai 1734 par le Sr Le Maire de la Société des arts. »
    2°. Page 12. « Explication d'un support qui sert à faire voir des expériences de l'aimant, par Pierre Le Maire. »
    3°. Page 16. « mémoire des mines de France. »
    4°. Page 33. « Description d'une machine mathématique qui fait voir deux voyageurs qui font le tour de la terre, l'un à l'orient et l'autre à l'occident, inventée par Kriegseissen, horloger astronomique en 1734. »

    Papier. 34 pages [...] beaucoup de feuillets blancs à la fin du volume.

    De la bibliothèque de M. de Paulmy, « Sciences et Arts, n° 5083 ». - Antérieurement « bibli. Joan. Petri Ludovici de Podio, equitis, domini de Laloubière. 1750 » - Antérieurement encore, de la bibliothèque de M. Bonnier de la Mosson (Martin 85-99).

  • Marché des manuscrits :

    Portefeuille contenant douze manuscrits relatifs à la Société des arts de l'année 1729. 20 fr.

    Cette Société se forma sous la protection du comte de Clermont. La copie de ses statuts forme le premier dossier de ce portefeuille. On y lit la lettre du ministre qui permet que les sociétaires s'assemblent, mais qui refuse provisoirement l'homologation royale. À la suite de cette lettre sont écrits les noms des sociétaires, parmi lesquels on distingue les artistes Julien, La Grive, Gaudron, Ledran, et les personnages qualifiés : le chevalier de Béthune, le prince de Grimberghen et autres. J'ai conservé avec soin quelques-uns des monuments de l'existence de cette Société, que les années et plus encore les explosions révolutionnaires ont dispersés, lorsqu'elles ne les ont pas détruits.

    « Mémoire de Gaudron, horloger du duc d'Orleans, sur une petite pendule dont le mécanisme est de son invention, 29 mai 1729. »
    « Réflexions sur la différence des machines, entre celles attachées à un point fixe et celles qui voguent avec les bateaux qu'elle tirent, 18 juillet 1729. »
    « Mémoire sur une addition qu'on pourrait faire aux rouets à filer, avec un dessin, 18 janvier 1733. »
    « Rapport des commissaires sur trois machines, dont l’une est destinée à curer les ports, l’autre est une grue d’une construction nouvelle, et l’autre est un petit cabinet d’histoire naturelle à tablettes s’élargissant à volonté, 8 février 1733. »
    « Observations sur la coupe des bois avec dessins à la plume, 26 août 1733. »
    « Description d'une nouvelle pompe, par laquelle on peut élever l'eau à une hauteur extraordinaire par une voie continue, avec dessins. »
    « Mémoire sur une machine pour faire sans couture des chaussons, chaussettes, coiffes, et autres semblables habillements, 14 octobre 1737. »
    « Description d'une machine propre à donner un mouvement uniforme. »
    « Méthode de construction des horloges solaires, avec figure. »
    « Mémoire sur les cabestans ou vindas, avec un dessin. »
    « Mémoire sur la colle faite avec la farine de racine de chisich, en usage dans l'Asie, destinée à remplacer la colle de farine de blé qui attire les insectes. »
    « Lettres de Julien Leroy à un horloger de province, sur la nouvelle manière de placer les quadratures de pendules à répétition, avec un dessin. » (Monteil 35).

  • Éloge de Clairaut :

    Cette diminution de travail fut remplie par un objet d'une autre espèce, car l'amour de M. Clairaut pour les sciences ne lui permettait pas de demeurer oisif à leur égard, ce fut la part qu'il eut en 1726 à l'établissement d'une compagnie uniquement destinée à l'avancement des arts. Les sciences y devaient aussi être admises, mais elles n'y jouaient pas le principal rôle, elles n'y paraissaient que pour aider les artistes ou pour répondre à leurs questions. M. Clairaut le père et ses deux fils, les deux MM. le Roy, ces coryphées de l'horlogerie française, M. Sully, célèbre horloger anglais, M. Chevotet de l'Académie royale d'architecture, feu M. Rameau, MM. l'abbé Nollet, de la Condamine et l'abbé de Gua, tous trois aujourd'hui de cette Académie, en furent les premiers membres, et la reconnaissance ne me permet pas dissimuler qu'ils voulurent bien me faire l'honneur de me donner place parmi eux. Cet établissement, depuis honoré de la protection de S. A. S. Mgr le comte de Clermont, et duquel des circonstances étrangères à cet éloge ont précipité la fin, remplit dans l'esprit et dans le cœur de M. Clairaut le vide qu'y laissait le ralentissement de ses travaux géométriques occasionnés par la maladie. Il se consolait comme citoyen de ce qu'il perdait comme géomètre (Fouchy 65).

  • Éloge de Nollet :

    Nous avons dit en faisant l'éloge de M. Clairaut, qu'il avait eu part en 1726 à l'établissement d'une compagnie qui consacrait entièrement ses travaux à l'avancement des arts. M. Nollet y fut admis dès 1728, sur la seule réputation qu'il s'était acquise, et justifia le choix de cette compagnie par une quantité de travaux, entre autres, par un globe céleste qu'il publia en 1730 et qu'il dédia à Monseigneur le comte de Clermont, qui avait honoré cette compagnie de sa protection (Fouchy 70).

  • Éloge de Quesnay :

    Un heureux hasard l'avait placé chez le célèbre M. Cochin, de l'académie royale de peinture ; il en profita pour employer le peu de moments qui lui restaient libres, à apprendre le dessin et le gravure. [...] Ce fut à peu près vers ce même temps [querelle avec Silva après 1727 qui devait aboutir à la publication des Observations sur les effets de la saignée] qu'il fut admis dans la Société des arts, qui subsistait alors à Paris, avec la permission du Roi, et sous la protection de feu Mgr le comte de Clermont, prince du sang (Fouchy 74).

  • Éloge de de Gua :

    M. le comte de Clermont [...] voulait alors [...] fonder [à Paris] une Société des arts, et M. l'abbé de Gua lui fut présenté comme un homme qui joignant l'étude des sciences à celle des arts, honorerait cette société naissante. On doit regretter qu'elle n'ait eu qu'une existence éphémère, elle eût été à la fois utile aux sciences et aux arts ; elle en fût devenue le lien, et eût servi en même temps à rendre plus sensible la ligne qui doit les séparer ; car s'il est bon de les réunir, il ne faut pas en confondre les limites, de crainte qu'une théorie médiocre n'égare la pratique des arts, au lieu de l'éclairer, ou que le prétexte de chercher à rendre les sciences utiles, n'y substitue une charlatanerie facile, à l'activité laborieuse qui seule conduit à des découvertes (Condorcet 86).

  • Éloge de Grandjean de Fouchy :

    Il s'était formé à Paris une société composée de savants et d'artistes, qui devaient s'occuper d'appliquer aux arts les principes et les théories scientifiques qui peuvent en diriger, en assurer, en perfectionner la pratique. Cette société qui comptait au nombre de ces membres MM. Clairault, de Gua, la Condamine, l'abbé Nollet, Rameau, Sully, Julien le Roy et fils, pouvait être également utile aux sciences et aux arts. [Longue leçon de morale.] Des préjugés, de petites jalousies firent tomber cette institution utile, qu'on ne peut s'empêcher de regretter. M. de Fouchy fut enlevé à cette société par l'Académie qui le choisit comme astronome en 1731 (Condorcet 88).

  • « Precis de la vie du Sieur de Fouchy » :

    Né le 17 mars 1707 on le jugea digne d'être admis dans la Societé des arts etablie sous la protection de Monsieur le comte de Clermont.

    Etre membre d'une société particuliere n'entreine pas la conviction du mérite, mais quand on y voit les noms de Pierre et Julien Le Roy, Henri Sully, Clairaut, [en marge : La Condamine,] liébau, [Gaudron ?], de Gua, Nollet, Horré[baux] on est dispensé de chercher le [titre ?] de leurs [?]

    Le sieur de Fouchy quoique très jeune donna des preuves qu'il en avoit pour y etre admis ; car il y a nombre d'observations de lui a cette epoque, dont les unes sont imprimées dans les memoires de l'academie, et les autres ont été donné par lui sans y mettre son nom. De ce nombre est sa decouverte de la meridienne du temps moyen qu'il n'a jamais pensé à reclamer. [en interligne :] que M. Deparcieux et dom Bedos ont publiés dans leurs gnomoniques. (AAS, dossier Fouchy, « Precis de la vie du Sieur de Fouchy », ff. 3-4).

  • Grandjean de Fouchy, par son fils :

    [Grandjean de Fouchy (dont l’oncle est un certain Hynault, avocat en parlement)] fit toutes ses études avec un grand succés et commenca des cette epoque a travailler au point qu'en 1726 il fut [recu?] de la Société des arts existante sous la protection de M. le comte de Clermont il y donna plusieurs memoires notement celui de la decouverte de la meridiene du temps moyen dont M. Deparcieux et dom Bedos ont donné la description. [En marge Precis de cette societé par lui-même.....n° 2].

    Le 14 [décembre] 1729, quoique n’etant pas encore admis au nombre des membres de l’academie, il le fut a lire lui-même a une assemblée un memoire sur la théorie et la pratique de l’astronomie. Le 28 janvier 1730 on lui renouvella la meme permission et il lut un memoire sur un nouveau micrometre invente par lui (AAS, dossier Fouchy).

  • Éloge du comte de Clermont par d'Alembert :

    [Le comte de Clermont] avait formé une société littéraire, aux assemblées desquelles il assistait quelquefois, et qui avait pris le titre de Société des arts. Cette espèce d'académie devait réunir à la fois les sciences, les lettres et les arts mécaniques. Le projet était grand, mais trop vaste, et fut d'ailleurs trop mal combiné par ceux que le prince avait chargés de l'exécution. Cinq ou six académies seraient à peine suffisantes pour remplir l'objet que cette société prétendait embrasser toute seule. D'ailleurs, les rédacteurs de ses statuts avaient conçu à se sujet, pour ne rien dire de plus, une étrange idée. Non seulement ils voulaient, ce qui était raisonnable, marier, pour ainsi dire, chaque art mécanique à la science dont cet art peut tirer des lumières, comme l'horlogerie à l'astronomie, la fabrique des lumières à l'optique ; mais ils prétendaient encore, qu'on nous passe cette expression, accoler chacun de ces arts à la partie des belles-lettres, qu'ils s'imaginaient y avoir plus de rapport ; le brodeur à l'historien, le teinturier au poète, et ainsi des autres. Ce trait seul suffirait pour juger à quel point la confiance du prince fut mal servie dans cette occasion par ceux qu'il en avait honorés. Ainsi cette société ne vécut-elle pas longtemps, les vues si louables du comte de Clermont pour le progrès des sciences, des lettres et des arts, demeurèrent sans effet, parce qu'il ne fut pas assez heureux pour trouver des coopérateurs dignes de seconder ses vues (Alembert 05, vol. 11, pp. 414-415).

  • Éloge de Bassuel :

    M. Bassuel s’étant présenté à la Compagnie pour être reçu maître, en soutint les actes avec distinctions, et quelques temps après, en 1730, il fut admis dans la Société des arts que M. le comte de Clermont avait formée sous la protection du Roi. Il était un des trois anatomistes chirurgiens, et se trouvant à côté de MM. Le Dran et Quesnay, il dut être bien flatté d’une association si honorable (Morand 68, p. 56).

  • Éloge de Le Rat :

    Eloge de M. Le Rat, mort le 1er may 1748
    […]
    Sa reputation et son travail ne se bornerent pas dans l’enceinte de sa ville [Rouen], il fit des pompes pour plusieurs villes de la province et du royaume ; on lui offrit des etablissements dans la capitalle et meme un logement dans la galerie du Louvre. Il refusa tout ces avantages soit par attachement pour sa patrie, soit par amour pour sa liberté. […] Ce fut dans ce temps la qu’on luy donna un place d’associé dans la Societe des arts de Paris ([Guérin]).

    Deffunt Mr Francois Le Rat en son vivant constructeur de pompes, directeur general de celles d’incendie de cette ville de Rouen, de l’Academie des sciences, belles lettres et arts de la meme ville, et de la Societe des arts a Paris sous la protection de M. le comte de Clermont etoit né en la paroisse de Blainville sur Ry, a trois ou quatre lieuës de Rouen ([Guérin], [appendice]).

  • Remond de Sainte-Albine :

    Avertissement

    Plusieurs artistes célèbres, auxquels s'étaient joints un certain nombre de savants et quelques amateurs, avaient conçu le dessein de former, sous le nom de Société des arts, une nouvelle académie. Monseigneur le comte de Clermont, prince du sang, avait bien voulu non seulement s'en déclarer le protecteur, mais encore permettre que les assemblées se tinssent en son hôtel ; et ce qui mérite encore plus de louanges dans un jeune prince, il daignait souvent y assister. Le mémoire dont on donne ici une troisième édition, et qui parut pour la première fois en 1731, avait été composé pour cette compagnie. Chargé de lui rendre compte de toutes les nouveautés qui intéressaient les arts, je ne pouvais me dispenser de lui annoncer l'établissement du laminage du plomb dans ce royaume. Une simple description du laminoir n'aurait pas satisfait à mes engagements. Je devais entrer dans l'examen des effets de cette machine, et cet examen entraînait nécessairement celui des qualités du plomb qu'elle fabrique.

    MM. les entrepreneurs de la manufacture, ayant appris que mon rapport leur était favorable, me pressèrent de consentir qu'il fût imprimé. Ce fut par égard pour leurs instances, que je demandai la permission [En note : aucun membre de la Société des arts ne pouvait sans la permission de cette académie, faire imprimer à part un ouvrage destiné à avoir place dans les recueils de la compagnie] de publier séparément un ouvrage, digne tout au plus de servir à grossier un des recueils que la Société des arts se proposait de donner [En note : ce n'est point ici le lieu d'informer les lecteurs des évènements qui en dispersant cette société, l'ont empêché d'exécuter son dessin] [...] Les commissaires, nommés [en note : La Société des arts, ainsi que les autres académies, nommait des commissaires pour l'examen des ouvrages que les associés voulaient faire imprimer, et à la tête desquels ils se proposaient de prendre la qualité d'académiciens] par la Société des arts pour examiner mon mémoire, approuvèrent les additions que j'y avais faites, et ils pensèrent comme moi qu'on n'est point trop long, quand on ne dit que ce qui est nécessaire (Remond de Sainte-Albine 46, pp. iii-viii).

    Son Altesse Sérénissime [en note: Monseigneur le comte de Clermont. Ce prince présidait l'assemblée dans laquelle l'auteur a lu ce mémoire] qui daigne faire son intérêt particulier du succès de tous les établissements utiles, a voulu, pour mieux juger des effets du laminoir, le voir deux jours différents [...] Un de Messieurs les honoraires [en note : M. le curé de Saint-Sulpice], que son zèle pour l'embellissement d'un édifice, destiné au culte divin, rend avide de s'instruire de tous les secrets des arts, a mis les nouvelles tables aux plus rudes épreuves. Ce n'a jamais été qu'à l'avantage du laminoir. Messieurs Aubert [feu M. Aubert était architecte, et de l'académie royale d'architecture. C'est lui qui a donné les desseins, et a construit le batiment des nouvelles écuries du château de Chantilly] Renard [M. Renard du Tasta, directeur de la monnaie de Paris, est mort avec la réputation d'un des hommes les plus versés dans toutes les connaissances, qui ont pour objet l'emploi des métaux, Habert [M. Habert habile chimiste] et de Gua [M. l'abbé de Gua, de l'Académie des sciences, et professeur de philosophie au collège royal], me dispensent par leur rapport de parler du jugement [Ces Messieurs avaient été choisis par la Société des arts, pour examiner le laminoir et le plomb de la manufacture. Leur rapport est imprimé à la suite de ce mémoire] Plusieurs autres membres de cette compagnie ont suivi d'un oeil curieux les opérations du laminage. Quelques uns ont vu les réservoirs. Tous ont unanimement accordé leurs suffrages à la manufacture (Remond de Sainte-Albine 46, pp. 42-43).

    Réfuter les autres objections qu'on a faites contre l'établissement du laminoir, ce serait abusé de la patience de Son Altesse Sérénissime (Remond de Sainte-Albine 46, p. 59).

  • Julien Le Roy :

    La plupart des mémoires que je [Julien Le Roy] donne au public, ont été lus à la Société des arts, et ne devaient paraître qu'avec ceux de cette même Société ; mais pour des raisons qu'il serait inutile de rapporter ici, elle m'a permis de les faire imprimer (Sully 37, p. 273).

    L'ingénieux et savant abbé, M. d'Andelot, de la Société des arts, qui excelle dans tous les genres, m'a déjà [...] (Sully 37, p. 277).

    Pendant qu[e Sully] travaillait [à la méridienne de Saint-Sulpice], quelques-uns des membres de la Société des arts, qui se tenait ci-devant au Louvre, sous la protection de M. le Régent [Philippe, duc d’Orléans, régent de 1715 à sa mort le 2 décembre 1723], et à l'établissement de laquelle il avait beaucoup contribué, lui proposèrent de se joindre à eux pour en reprendre les assemblées interrompues. Son goût pour les sciences et les arts le porta du reste à se donner beaucoup de soins pour faire réussir ce projet, qui lui plut infiniment. Il excita beaucoup de personnes à y concourir avec lui, et loua lui-même une salle, dans laquelle on commença à s'assembler peu de temps après. Dans la dernière assemblée où il assista, il y lut une lettre de Mr Grégori, qu'il venait de traduire de l'anglais, sur l'utilité des mathématiques. Sur la fin de la même semaine, ayant appris qu'une personne du Faubourg Saint-Marceau avait dessein de montrer quelque chose de curieux à la Société des arts, il en prit l'adresse, laquelle étant fausse. Il fit tant de tours et retours dans ce grand faubourg sans pouvoir la trouver qu'il s'en échauffa, et mourut quatre ou cinq jours après [octobre 1728] d'une fluxion de poitrine (Sully 37, pp. 407-408).

    Germain Brice :