Alexis Clairaut (1713-1765)

Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765)


22 avril 1752 (2) : Clairaut (Paris) écrit à Macquer :
Monsieur

Comme l'election à laquelle vous pretendés, n'est point encore indiquée, que je ne prevois pas meme quand elle le sera, je ne veux point differer plus longtemps à avoir l'honneur de vous repondre, quelqu'envie que j'eusse eu de vous mander en meme tems le succès de votre entreprise.

Votre merite dont j'ai la plus grande idée et l'exemple de M[onsieu]r Rouelle que vous cités fort à propos me paroissent et à plusieurs de mes amis, une excuse suffisante pour concourir avec un homme qui est si considerablement votre ancien à tous les trois, et qui n'a point demerité de l'Academie.

Pour moi je vous avouerai tout franchement que je souhaite la place a M[onsieu]r Bourdelin et qu'ayant aussi bonne opinion de votre cœur que de votre esprit, je ne vous crois pas capable de vouloir la lui enlever.

Avec ces sentiments qui ne sont point contraires à votre demande conçue comme elle l'est, j'ai l'honneur de vous assurer que je suis très sincerement Monsieur votre très humble et très obeissant serviteur Clairaut.

Paris 22 avril 1752 (BnF, f. fr. 12305, ff. 193-194).

Gallica

Geoffroy était mort le 9 mars, ainsi que cela avait été annoncé à l'Académie le 11 (PV 1752, p. 140), libérant par là une place de pensionnaire chimiste que le Roi, par une lettre du comte d'Argenson du 29, lue à l'Académie le 3 mai, demande de combler (PV 1752, p. 257). Le 10 mai, l'Académie propose Bourdelin, Malouin et Geoffroy l'apothicaire (PV 1752, p. 281), le Roi choisissant Bourdelin, ainsi que le comte d'Argenson l'annonce dans une lettre du 23, lue à l'Académie le 31 (PV 1752, p. 286).

La lettre de Macquer fait suite à celle que Hellot lui avait envoyée le 9 avril :
Dans ces circonstances [lecture d'une mémoire de Rouelle à la prochaine assemblée publique qui ne fait pas l'unanimité], je crois que vous ne feriez pas mal d'ecrire une lettre circulaire à tous les votans, mais sans l'affranchir de port ; et d'y dire qu'ayant appris, avec une surprise extreme, que M[onsieu]r Rouille [Rouelle] avoit fait des demarches pour demander une place de pensionnaire qui ne peut estre donnée à un adjoint sans intervertir l'ordre ordinaire des elections, vous ne croyez pas que M[onsieu]r Rouille ait plus de droit d'y pretendre que vous ; que vous auriez d'aussi bons titres, s'il estoit du galand homme de solliciter contre un associé qui n'a pas démérité ; que vous renfermant dans ce que vous devez à vous meme, vous vous bornez à demander la seconde voix par preference seulement à M[onsieu]r Rouille (BnF, fr. 12305, f. 374r).

Gallica

Abréviations
  • BnF : Bibliothèque nationale de France, Paris.
  • PV : Procès-Verbaux, Archives de l'Académie des sciences, Paris.
Courcelle (Olivier), « 22 avril 1752 (2) : Clairaut (Paris) écrit à Macquer », Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765) [En ligne], http://www.clairaut.com/n22avril1752po2pf.html [Notice publiée le 29 février 2008, mise à jour le 24 janvier 2012].